New York : les boissons sucrées de plus de 470 ml interdites dans les restaurants

Le maire de New York, Michael Bloomberg (droite), accompagné du commissaire à la santé de New York, Thomas Farley, lors d'une conférence de presse, jeudi 13 septembre. Le maire de New York, Michael Bloomberg (droite), accompagné du commissaire à la santé de New York, Thomas Farley, lors d'une conférence de presse, jeudi 13 septembre.  Photo :  AP/Seth Wenig

La Commission de la santé de New York a adopté jeudi le projet du maire Michael Bloomberg d'interdire la vente de sodas et de boissons sucrées de plus de 470 ml dans les restaurants, cinémas et lieux de restauration rapide de la ville pour lutter contre l'obésité.

L'adoption de la mesure, proposée en mai par M. Bloomberg et approuvée par un comité d'experts après un examen de plusieurs mois, était attendue, les membres de la Commission étant nommés par le maire. Mais les opposants à l'interdiction ne comptent pas en rester là et envisagent une action en justice.

Huit membres de la commission municipale ont approuvé le projet, tandis que le neuvième, le Dr Sixto Caro, s'est abstenu. Il a affirmé qu'il demeurait sceptique par rapport au projet et qu'il le jugeait incomplet.

La mesure doit entrer en vigueur en mars prochain. Elle vise les sodas et boissons sucrées de plus de 470 ml, mais pas les boissons comportant plus de 50 % de lait ou de jus de fruit, ni les sodas allégés aux édulcorants.

Elle ne s'appliquera qu'aux vendeurs ambulants et établissements sous la supervision du Département municipal de la santé, c'est-à-dire les restaurants, enceintes sportives et cinémas. Les épiceries et certains commerces d'alimentation relevant de l'État et non de la municipalité ne seront pas concernés.

Sauver des vies

Boisson gazeuse Boisson gazeuse  Photo :  AP/Paul Sakuma

Cette mesure contribuera à sauver des vies, a commenté Michael Bloomberg sur son compte Twitter officiel. La consommation de boissons sucrées, a-t-il fait valoir lors de diverses réunions publiques depuis mai, est le facteur-clé de l'épidémie d'obésité. Cette année, a-t-il expliqué, environ 5800 New-Yorkais vont mourir à cause de leur surpoids ou de leur obésité. Lutter contre l'obésité sauve des vies et la mesure permettra d'économiser 4 milliards de dollars par an en soins de santé, selon la municipalité.

Les sodas, dont le format standard aux États-Unis est passé de 353 ml dans les années 80 à 590 ml aujourd'hui, constituent la plus grande source de sucres ajoutés dans notre régime alimentaire, relève le Dr Thomas Farley, commissaire municipal à la santé.

Selon une étude du Département municipal de la santé, près de la moitié des habitants de New York consomment un soda par jour. Interdire la vente des bouteilles de plus de 470 ml permettrait dès lors de réduire de 14 600 le nombre de calories absorbées annuellement par le citoyen moyen.

Atteinte aux libertés individuelles?

La proposition ne fait cependant pas l'unanimité. D'après un sondage publié en août par le New York Times, 60 % des 1026 New-Yorkais interrogés se disaient contre. Et depuis que M. Bloomberg a émis cette idée en mai, un front d'opposants, allant des industriels aux restaurateurs et aux défenseurs des libertés, l'accuse de vouloir instaurer un gouvernement qui exercerait un contrôle empiétant sur les libertés individuelles.

Les détracteurs du projet estiment notamment qu'il faut plutôt s'attaquer à l'obésité en améliorant l'accès à l'éducation physique pour les jeunes et par des campagnes d'information. Interdire les boissons sucrées, selon eux, n'empêchera pas les gens de grossir et causera du tort aux petits commerces.

Une association soutenue par les industriels et baptisée « New-Yorkais pour le choix de leurs boissons » affirme avoir recueilli plus de 250 000 signatures contre le projet. Elle envisage une action en justice en cas d'adoption, a précisé son porte-parole, Eliot Hoff. « Ce n'est pas fini », a-t-il prévenu.

La proposition a le mérite de relancer le débat, note le médecin et nutritionniste Barry Popkin. Mais ce n'est pas réduire le format qui va résoudre seul le problème de l'obésité, note-t-il, quand des dizaines de milliers de jeunes et adultes continuent par exemple à se gaver de chips ou barres chocolatées.


Associated Press

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