Deux jours après sa mort, le cardinal italien progressiste Carlo Maria Martini fait parler de lui. Dans une interview publiée à titre posthume, l'ancien archevêque de Milan a déclaré que L'Église accusait un retard de 200 ans.
« Pourquoi ne se réveille-t-elle pas? Avons-nous peur? » s'interroge-t-il dans cette interview réalisée par un compagnon jésuite en août.
Continuant de soulever la controverse même après son décès, le testament spirituel du cardinal Martini est un plaidoyer en faveur de la modernisation de l'Église catholique. Une Église, qui selon lui, doit évoluer pour se mettre au diapason de la société actuelle.
Le défunt cardinal était connu pour ses idées progressistes et son franc-parler. Il ne faisait pas mystère de sa quête de modernisation pour cette institution résolument traditionnelle.
Souvent à contre-courant des positions du Vatican, Martini souhaitait que l'Église devienne plus souple à l'égard de ses rites, au risque de s'aliéner les catholiques.
Ouvert à une plus grande place des femmes, des homosexuels et des divorcés au sein de l'Église, il s'est aussi déjà prononcé en faveur de la contraception dans certaines circonstances.
Selon l'abbé Raymond Gravel, prête dans le diocèse de Joliette, au Québec, les catholiques ont perdu un prophète des temps modernes.
« Tant et aussi longtemps que la hiérarchie au Vatican va nous empêcher de nous renouveler, bien moi je pense qu'on gère la mort lente ou latente de notre Église », conclut Raymond Gravel.