Des rebelles syriens à Alep
Photo : AFP/ACHILLEAS ZAVALLIS
Les présidents français et américains ont haussé le ton, lundi, contre le régime de Bachar Al-Assad. François Hollande a demandé le départ du dirigeant syrien, tandis que Barack Obama a averti Al-Assad qu'un recours aux armes chimiques reviendrait à franchir une « ligne rouge ». Sur le terrain, les combats font rage.
Lundi, François Hollande, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, a assuré le médiateur international pour la Syrie Lakhdar Brahimi de son « soutien ».
Lors d'un entretien à Paris avec le nouveau médiateur, le président français a réaffirmé qu'il « ne peut pas y avoir de solution politique [en Syrie] sans le départ de Bachar Al-Assad ».
François Hollande a par ailleurs rappelé les engagements de la France « en faveur d'une Syrie libre, démocratique et respectueuse de chacune des communautés ».
Le nouveau médiateur a pour sa part estimé que la France était « un pays important dans tout ce qui se passe autour de la Syrie », mais il n'a pas caché son pessimisme face à la difficulté de sa mission. Lakhdar Brahimi a souligné qu'il serait « difficile » de progresser si le Conseil de sécurité de l'ONU ne parle pas d'une seule voix.
Le médiateur international pour la Syrie Lakhdar Brahimi sur le perron de l'Élysée, à Paris
Photo : AFP/PATRICK KOVARIK
Le président américain a lui aussi haussé le ton lundi. Barack Obama a lancé un avertissement très ferme au régime syrien sur ses armes chimiques. Si Bachar Al-Assad était tenté d'y avoir recours ou même de les déplacer, cela reviendrait à franchir une « ligne rouge » et lancer la voie à une intervention militaire américaine.
« Jusqu'ici, je n'ai pas donné l'ordre d'intervenir militairement » en Syrie, a souligné M. Obama lors d'une conférence de presse impromptue à la Maison-Blanche. Mais « si nous commencions à voir des quantités d'armes chimiques déplacées ou utilisées, cela changerait mon calcul et mon équation », a-t-il ajouté.
Bombardement et défections
Sur le terrain, de violents combats font rage entre les forces gouvernementales syriennes et les rebelles dans la banlieue de Damas, la capitale, à Alep, la deuxième ville du pays, et à Deraa, non loin de la frontière avec la Jordanie, d'après des militants de l'opposition présents sur place.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins 44 personnes, dont 20 civils, 13 soldats et 11 rebelles ont été tuées au cours de la journée de lundi. Ce bilan n'a pas pu être confirmé de source indépendante.
D'après un militant de l'opposition de la banlieue de Damas, El-Said Mohammed, le bombardement de la ville de Moadamiyeh, au sud-ouest de la capitale, a fait sept morts et 70 blessés lundi.
Selon le militant, le bombardement aurait été déclenché en représailles, après la défection dimanche dans le même secteur d'une trentaine de soldats. Ces informations n'ont toutefois pas pu être vérifiées de source indépendante.
Chaque jour, le conflit syrien provoque la fuite de nombreux réfugiés, notamment en Turquie, où 70 000 d'entre eux se trouvent présentement. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit examiner la question des réfugiés syriens le 30 août.