Des jeunes immigrants illégaux font la queue pour monter leur dossier afin de pouvoir rester sur le sol américain.
Photo : AFP/FREDERIC J. BROWN
Des centaines de milliers de jeunes immigrés sans-papiers résidant aux États-Unis peuvent désormais déposer leur candidature pour bénéficier d'un nouveau programme qui pourra leur permettre de rester au pays en toute légalité.
Cette mesure, annoncée en juin par le président Barack Obama et entrée en vigueur mercredi, concerne les immigrés âgés de 15 à 30 ans arrivés sur le territoire américain avant leurs 16 ans, scolarisés ou diplômés, et n'ayant pas d'antécédents judiciaires.
Le gouvernement américain estime que plus de 800 000 personnes pourraient présenter un dossier. Mais selon des instituts démographiques, cela représenterait plutôt 1,7 million de personnes.
Après examen de leur dossier, qui peut prendre plusieurs mois, ces jeunes pourront voir leur procédure d'expulsion suspendue et obtenir un permis de travail temporaire de deux ans.
« Les personnes qui répondent à ces critères et qui étaient menacées d'expulsion peuvent maintenant vivre sans peur et aider notre grande nation avec leurs talents », a indiqué la direction du Service de citoyenneté et d'immigration des États-Unis (USCIS), par voie de communiqué.
« J'attends cela depuis très longtemps, c'est presque incroyable que ça arrive enfin », a confié Janet Martinez, une Mexicaine de 25 ans arrivée aux États-Unis avec ses parents à l'âge de trois ans. Diplômée en commerce, elle se dit « très motivée pour l'avenir », heureuse de pouvoir enfin voyager et travailler légalement.
Selon le Migration policy institut (MPI), un institut spécialisé dans les questions de démographie, les trois quarts des bénéficiaires potentiels sont originaires du Mexique ou d'un autre pays d'Amérique centrale. Les États ayant le plus grand nombre d'immigrés qualifiés sans-papiers sont la Californie, le Texas, la Floride, l'État de New York et l'Illinois.
11,5 millions de sans-papiers
Lorsqu'il avait annoncé cette mesure il y a deux mois, Barack Obama avait déclaré qu'il ne s'agissait ni d'une amnistie - ce dont l'avaient accusé ses adversaires républicains - ni d'une première étape vers la citoyenneté, mais de « la chose la plus sensée à faire ».
Des séances d'information étaient organisées mercredi par des associations de défense des immigrés pour aider ces jeunes à préparer leur dossier.
« Cela fait 20 ans que nous espérions une loi, et bien que celle-ci soit temporaire, c'est un soulagement pour les migrants », a expliqué Jorge Cabrera, porte-parole de la Coalition pour les droits des immigrés de Los Angeles.
Selon les données officielles, quelque 11,5 millions de sans-papiers vivent aux États-Unis, soit environ 3,7 % de la population. La plupart d'entre eux viennent d'Amérique latine.
Une loi sur l'immigration du nom de DREAM Act, qui permettrait de légaliser les jeunes en situation irrégulière ayant étudié aux États-Unis, n'a pas été adoptée par le Congrès. Depuis plusieurs années, des élus du Sénat font blocage. En 2010, il n'a manqué que cinq voix pour que le texte soit approuvé.