Alors que les États-Unis sont confrontés à la plus grave sécheresse enregistrée depuis 50 ans, le président Barack Obama a entamé lundi une tournée de trois jours dans l'Iowa. Le nouveau colistier républicain, Paul Ryan, est venu le défier dans cet État agricole du centre du pays, où le vote sera déterminant lors des élections de novembre.
Dans cet État couvert de champs de maïs, le président américain s'est résolu à tenir compte de la venue impromptue du jeune faucon républicain du Wisconsin. M. Obama a accusé M. Ryan de faire partie de ceux qui empêchent le Congrès de verser des aides aux agriculteurs malgré la sécheresse.
« Le meilleur moyen d'aider [les agriculteurs] est que le Congrès vote une loi agricole, a déclaré Barack Obama. [M. Ryan] fait partie de ces élus qui bloquent son adoption », a-t-il ajouté. « Si vous croisez le représentant [Paul] Ryan, dites-lui combien cette loi agricole est importante pour l'Iowa et les populations rurales », a poursuivi le président démocrate.
Selon un rapport récemment publié par la Réserve fédérale de Kansas City, la sécheresse pourrait provoquer une hausse de 4 % des prix alimentaires annuels l'an prochain.
Le ministre américain de l'Agriculture a annoncé vendredi que la récolte de maïs allait tomber pour la première fois en six ans sous la barre des 280 millions de tonnes. La production de soja est, elle, à son plus bas niveau depuis cinq ans.
Selon le rapport, la sécheresse aura également des répercussions sur les prix de la viande et des produits laitiers. Plus de 70 % du cheptel bovin se trouve dans des États dont les pâturages ont été classés comme « pauvres à très pauvres ».
La sécheresse américaine a déjà eu des conséquences sur le marché mondial des céréales. Cette baisse de la production a provoqué une hausse de 23 % du prix du maïs à l'échelle mondiale en juillet, selon la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Les prix du blé ont bondi de 19 % en juillet.
L'Iowa, avec ses six grands électeurs, est considéré comme un État « indécis » même s'il n'a voté qu'une seule fois pour un républicain depuis la réélection de Ronald Reagan en 1984.
Les sondages montrent une nette avance pour Barack Obama. Jeudi dernier, un sondage Fox News donnait 49 % des intentions de vote au président sortant, contre 40 % pour son adversaire républicain, Mitt Romney.