Procès des Pussy Riot : la justice russe rendra son verdict le 17 août

Les trois membres du groupe Pussy Riot sur le banc des accusés Les trois membres du groupe Pussy Riot sur le banc des accusés  Photo :  AFP/NATALIA KOLESNIKOVA

Les jeunes féministes russes du groupe punk Pussy Riot seront fixées sur leur sort le 17 août.

Le procès des trois jeunes femmes, jugées depuis le 20 juillet pour avoir chanté une « prière punk » contre Vladimir Poutine en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, s'est achevé mercredi dans la capitale russe.

La veille, le procureur Alexandre Nikiforov avait requis une peine de trois ans d'emprisonnement pour chacune des membres du groupe. Jugées pour « hooliganisme » et détenues depuis cinq mois, Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, Maria Alejina, 24 ans, et Ekaterina Samoutsevich, 29 ans, encourent jusqu'à sept ans de prison.

La juge Marina Sirova, qui préside le procès, a annoncé que le tribunal rendrait sa décision le 17 août.

« Mère Marie, chasse Poutine », avaient chanté les trois jeunes féministes dans la cathédrale de Moscou. Elles entendaient protester contre le soutien du patriarche Cyrille au président russe, et non offenser les sentiments religieux des orthodoxes, ont-elles expliqué.

Nombreux soutiens

Les Pussy Riot sont devenues un symbole des atteintes à la liberté d'expression en Russie. Des mouvements de défense des droits de la personne ont demandé la remise en liberté des trois chanteuses, dénonçant la répression contre l'opposition dans le pays.

Les jeunes femmes ont reçu le soutien de nombreuses personnalités russes et étrangères, dont le guitariste des Who, Pete Townshend, et le chanteur des Pet Shop Boys, Neil Tennant.

Lors d'un concert mardi soir à Moscou, la chanteuse Madonna a lancé qu'elle « prierait pour elles ». La star s'est ensuite retournée, montrant le nom du groupe écrit sur son dos nu, et a enfilé des lunettes de ski noires, symbole du groupe.

Face à ces protestations, le président Vladimir Poutine avait estimé la semaine dernière que les jeunes femmes avaient commis un acte répréhensible, mais qu'elles ne devaient pas être jugées « trop sévèrement ».

Dans un entretien à l'agence russe RIA-Novosti, l'archidiacre orthodoxe Andreï Kouraïev, professeur à l'Académie théologique de Moscou, a estimé qu'une peine de prison transformerait les Pussy Riot en « martyres » et alimenterait le ressentiment de la population contre l'Église orthodoxe.


Associated Press

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