Le président syrien Bachar Al-Assad (à droite) et l'émissaire iranien Saïd Jalili
Plusieurs responsables iraniens ont effectué des visites dans les pays de la région de la Syrie en vue d'organiser une rencontre à Téhéran sur la crise syrienne.
Said Jalili, l'émissaire spécial du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est rendu au Liban, où il a rencontré le président Michel Sleimane pour l'inviter à cette réunion qui devrait avoir lieu jeudi. Cette visite au Liban n'a pas été fructueuse, puisque les autorités libanaises ont décliné l'invitation.
Le vice-président iranien Hamid Bakai s'est pour sa part rendu mardi en Égypte pour rencontrer le président Mohamed Morsi.
Selon la chaîne iranienne Al-Alem, Téhéran accueillera une rencontre consultative sur la crise syrienne des ministres des Affaires étrangères de 12 pays, sans préciser lesquels. Une autre source a parlé de 30 pays invités.
Visite à Damas
Le président syrien Bachar Al-Assad a reçu mardi Saïd Jalili. À l'issue de cette rencontre, l'émissaire spécial de l'ayatollah Khamenei a déclaré que « la solution de la crise en Syrie doit venir de l'intérieur de ce pays, par le dialogue national, et non par l'intervention de forces extérieures ».
Depuis le début du soulèvement en Syrie, Téhéran accuse les États-Unis, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar de soutenir les rebelles pour renverser le régime d'Al-Assad.
« Le peuple syrien est hostile à tout plan soutenu par les sionistes ou les États-Unis », a affirmé M. Jalili. « L'Iran ne permettra pas que l'axe de résistance, dont il considère que la Syrie est un élément essentiel, soit brisé en aucune façon », a-t-il indiqué, selon la télévision publique syrienne.
De son côté, le président syrien a affirmé que « le peuple syrien et son gouvernement sont déterminés à purger le pays des terroristes et à les combattre sans répit ».
Alep sous le feu de l'armée
À Alep, après avoir encerclé le quartier de Salaheddine, un fief de la rébellion, l'armée syrienne a commencé à attaquer avec des obus de mortiers et de chars. Ce pilonnage a obligé les rebelles, en manque de munitions, à s'abriter dans des immeubles en ruine.
Le mouvement des insurgés devient difficile en raison de l'entrée des chars dans certains secteurs et du déploiement de tireurs sur les toits.
« L'armée syrienne essaie de nous prendre en tenaille », a déclaré le cheikh Taoufik, un chef rebelle.
Toutefois, les rebelles affirment toujours tenir les principales avenues du quartier situé au sud-ouest de la ville.
Par ailleurs, un militant de l'opposition a affirmé que 14 personnes, appartenant à deux familles, sont mortes par un obus qui a provoqué l'effondrement de leur maison. Ce militant fait également état de tirs d'artillerie et d'un raid mené par un avion de chasse dans les quartiers est de la ville.
Selon les comités de coordination, cités par la chaîne Al-Arabiya, il y aurait 115 personnes tuées par l'armée dans la journée de mardi.
Le sort des otages iraniens
L'émissaire iranien a également évoqué avec le président syrien la question des 48 otages iraniens qui se trouvent entre les mains des rebelles syriens.
La « brigade Al-Baraa », qui a revendiqué l'enlèvement, affirme que les Iraniens appartiennent aux Gardiens de la révolution, un corps d'élite du régime de Téhéran, alors que l'Iran assure que les otages ne sont que des pèlerins.
Les rebelles menacent de les exécuter si l'armée syrienne ne cesse pas les bombardements.
Par ailleurs, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, doit se rendre en Turquie en fin de journée pour parler de ces otages.
« Dans la mesure où l'Armée syrienne libre (ASL), qui prétend avoir enlevé les pèlerins, est soutenue par la Turquie, la visite du ministre vise à rappeler au gouvernement turc ses responsabilités dans cette affaire », a expliqué M. Salehi.