L'armée turque a mobilisé 2000 soldats pour mener une importante offensive terrestre et aérienne contre les séparatistes kurdes
Photo : AFP/STR
Au moins 22 personnes sont mortes dimanche dans une attaque menée par des rebelles kurdes contre trois postes militaires dans le sud-est de la Turquie, selon un gouverneur local cité par l'agence Anatolie.
Les insurgés ont notamment attaqué un avant-poste situé près du village de Gecimili, dans la province de Hakkari, à une vingtaine de kilomètres de la frontière irakienne. Six soldats, deux gardes du village qui combattaient à leurs côtés, et 14 rebelles kurdes ont été tués dans les affrontements, ont précisé les services du gouverneur de la province.
Au moins 15 soldats, un autre garde du village et cinq civils ont aussi été blessés dans l'assaut. On ne faisait en revanche pas état de victimes dans les attaques contre les autres postes militaires, situés également dans la province de Hakkari.
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualitfié ces attaques d'« agressions lâches ». Il a par ailleurs accusé Damas de laisser le champ libre aux rebelles kurdes dans le nord de la Syrie, avertissant qu'Ankara n'hésiterait pas à frapper les « terroristes ».
Le ministre turc de l'Intérieur, Idris Naim Sahin, a quant à lui fait état de 115 morts au cours des deux dernières semaines dans les rangs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie).
Mobilisant 2000 soldats, l'armée turque mène depuis plus de 15 jours une importante offensive terrestre et aérienne contre les séparatistes kurdes dans cette région proche de la frontière avec l'Irak. Ces opérations avaient pour but de chasser le PKK de la ville de Semdinli.
Les attaques ordonnées par Ankara ont lieu au moment où un important groupe de rebelles kurdes aurait pris le contrôle d'une partie du nord de la Syrie, en proie à une guerre civile.
Malgré les contacts noués avec le gouvernement régional kurde du nord de l'Irak, la Turquie est opposée à l'idée d'un État kurde séparé.
Considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les États-Unis, le PKK lutte depuis 1984 contre l'autorité d'Ankara. Ses revendications évoluent de l'indépendance vers l'autonomie du sud-est anatolien, peuplé en majorité de Kurdes.
Le conflit a fait plus de 45 000 morts depuis les années 80.