Un enfant joue sur l'épave d'un char détruit lors de violents combats à Alep.
Photo : AFP/AHMAD GHARABLI
L'Assemblée générale de l'ONU a adopté vendredi une résolution non contraignante dénonçant le bombardement des villes rebelles par l'armée syrienne et critiquant l'inaction du Conseil de sécurité.
Présentée par l'Arabie saoudite au nom du groupe arabe et soutenue par une soixantaine de pays, dont les États-Unis et les Européens, la résolution, qui appelle aussi à la transition politique en Syrie, a été adoptée par 133 voix sur les 193 pays membres. Douze pays ont voté contre alors que 31 se sont abstenus.
Les puissances occidentales sont persuadées que seul le départ du président Bachar Al-Assad peut mettre un terme à la crise. Mais la Chine et la Russie, qui vend notamment des armes au régime de Damas et possède une base navale dans les eaux syriennes, ont bloqué trois résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU visant à sanctionner Damas.
Quant à la situation qui prévaut sur le terrain, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH) a déploré, vendredi, avoir été empêché par l'armée syrienne de faire entrer des chargements d'aide humanitaire dans Alep en raison du bouclage militaire de la ville syrienne.
Des milliers de civils sont toujours coincés dans la capitale économique du pays qui est sous le feu de l'artillerie et des combats de rue depuis deux semaines.
« Il était impossible hier d'envoyer des articles de secours supplémentaires, car la ville a été bouclée par les forces militaires », a déclaré à l'Agence France-Presse la porte-parole du HCDH, Melissa Fleming, lors d'un point de presse.
Les civils qui ne peuvent quitter Alep continuent entre-temps de chercher refuge dans les écoles, les universités et les mosquées de la ville.
Pendant ce temps, les combats se poursuivent dans les rues d'Alep, où les forces gouvernementales tentent de reprendre les quartiers tenus par les forces rebelles.
Le camp de réfugiés de Yarmouk bombardé
Les violences se sont étendues vendredi dans le sud de la capitale, Damas, où une vingtaine de personnes ont été tuées et une dizaine d'autres, blessées, par des tirs de mortier près du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Plus de 150 000 personnes vivent dans ce camp.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation basée à Londres, les obus sont tombés sur le camp alors que des habitants faisaient leurs courses pour le repas du soir.
On ignore toujours la provenance de ces obus de mortier. Certains croient qu'il pourrait s'agir de tirs perdus en provenance du quartier voisin de Tadamon, où les rebelles et l'armée s'affrontent.
Londres intensifie son aide aux rebelles
Sur la scène internationale, la Grande-Bretagne a annoncé vendredi qu'elle allait accroître son soutien matériel et « non létal » aux forces rebelles qui tentent depuis des mois de renverser le régime de Bachar Al-Assad.
Cette décision de Londres survient moins de 24 heures après la démission du médiateur international Kofi Annan, qui a tenté en vain de trouver une issue diplomatique à la crise qui déchire la Syrie.