Présidentielles américaines 2012

États-Unis : à 100 jours des élections, rien n'est joué d'avance

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Barack Obama et Mitt Romney  Photo :  AP/Archives/Carolyn Kaster/Evan Vucci

Il ne reste que 100 jours avant que les Américains soient conviés aux urnes pour réélire ou non le président Barack Obama. Son rival républicain, Mitt Romney, le talonne de près dans les sondages.

M. Obama aurait 65 % de chances d'être réélu, si l'on se fie aux estimations du spécialiste des sondages Nate Silver, sur le site du New York Times. Mais l'avance qu'il maintient dans certains États décisifs ne garantit rien : la distance entre les deux rivaux ne cesse de se rétrécir.

Dans sa moyenne des sondages nationaux, le site RealClearPolitics donne 46,4 % des intentions de vote à M. Obama et 45,1 % à M. Romney. L'appui du président sortant se serait donc érodé au cours du mois de juillet, passant d'une avance de 3,6 à 1,3 point.

Si le président démocrate paraît légèrement favori pour remporter l'élection du 6 novembre, il reste à la merci d'une économie dont les projections demeurent maussades. D'ici la fin de l'année, le taux de chômage ne devrait baisser que de 0,3 %, passant de 8,2 % à 7,9 %, estime la Maison-Blanche.

Avec de telles perspectives, l'expert en sciences politiques Thomas Mann se dit même impressionné que Barack Obama ait réussi à maintenir son avance sur Mitt Romney.

« Tous les gouvernements du monde ont beaucoup de mal à se faire réélire en cette période difficile pour l'économie. » — Thomas Mann, de l'institut Brookings

Selon une enquête Wall Street Journal/NBC publiée cette semaine, seuls 36 % des électeurs américains font confiance au président pour redonner du souffle à l'économie, contre 43 % qui accordent leur confiance à Mitt Romney. Le même sondage indique que 60 % des Américains considèrent que leur pays est « sur la mauvaise voie ».

Pour ce qui est de la popularité personnelle, M. Obama a aussi perdu des points : 43 % des électeurs ont une opinion négative (dont 32 % « très négative ») de leur président, selon WSJ/NBC.

Campagnes agressives

Alors que Mitt Romney accuse Barack Obama de professer une conception de l'économie « étrangère à l'expérience américaine », ce dernier met l'accent sur le côté sombre du passé d'investisseur de l'ex-gouverneur du Massachusetts.

Depuis la fin mai, les démocrates ont recours à des publicités télévisées agressives, visant les placements de M. Romney à l'étranger et le bilan social selon eux désastreux des entreprises contrôlées par l'ancienne société du candidat républicain, Bain Capital.

Malgré cela, le candidat républicain a récolté au mois de juin la somme record de 106,1 millions de dollars pour sa campagne. Il arrive loin devant le président Barack Obama, qui a engrangé 71 millions de dollars le mois dernier.

Sur le terrain, M. Obama reste fidèle à sa stratégie de défense de la classe moyenne. Il laboure avec constance les États-clés qui pourraient faire la différence le jour de l'élection, comme la Floride et l'Ohio.

De son côté, M. Romney doit encore divulguer le nom de son futur colistier.

Les deux partis organiseront leurs conventions présidentielles à la fin août et au début septembre et des débats télévisés sont prévus pour les 3, 16 et 22 octobre.

En complément