Le président intérimaire du Mali s'apprête à rentrer au pays

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Dioncounda Traoré a prêté serment au Mali. Dioncounda Traoré  Photo :  PC/Harouna Traore

Le président intérimaire Dioncounda Traoré sera de retour au Mali vendredi, plus de deux mois après avoir été agressé dans son bureau par des manifestants hostiles à son régime, a confirmé jeudi soir le gouvernement malien.

En convalescence à Paris depuis le 23 mai, le président « regagne Bamako le vendredi 27 juillet 2012. Son avion est attendu à 16 h 30 (locales et GMT) à l'aéroport de Bamako », a indiqué un court communiqué officiel lu à la télévision nationale.

Une source diplomatique française a assuré que le président Traoré ne rentrait pas sous la pression internationale, mais qu'il entendait « assumer ses responsabilités ».

Lors d'un entretien avec le président français François Hollande, le président ivoirien Alassane Ouattara, qui dirige la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a déclaré que le « processus politique » en cours au Mali passe par le retour du président intérimaire Traoré.

Le président François Hollande a quant à lui « réaffirmé le soutien de la France aux actions de médiation de la CEDEAO et à ses efforts pour permettre le plein retour de la démocratie au Mali, garantir son unité et son intégrité territoriales et lutter contre le terrorisme, sous toutes ses formes ».

Les autorités de transition au Mali ont été mises en place après le coup d'État du 22 mars à Bamako, qui a renversé le président démocratiquement élu, Amadou Toumani Touré.

Le chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo, a officiellement remis le pouvoir en avril à un gouvernement civil de transition, dirigé par Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale malienne. Ce dernier a prêté serment au surlendemain de la démission d'Amadou Toumani Touré.

Mais M. Sanogo a continué à jouer un rôle actif dans la gestion du pays, dont la partie nord est désormais sous le contrôle de rebelles touaregs et de groupes islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Depuis, le gouvernement de transition est demeuré incapable de mater l'insurrection et de rétablir la paix, plongeant le pays dans une grave crise politique.

Les pays voisins du Mali ont récemment sommé les autorités intérimaires de constituer un « gouvernement d'union nationale » d'ici la fin du mois, sous peine de sanctions. Ils ont également « exhorté » le président Traoré à demander « sans délai » à la CEDEAO et à l'ONU l'envoi d'une force africaine au Mali.

Le chef d'État ivoirien Alassane Ouattara a dit espérer une résolution « dans les tous prochains jours » quant à « une éventuelle intervention militaire », mais attend aussi une demande formelle de Bamako et une aide extérieure, notamment logistique.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est de son côté abstenu jusqu'ici de donner un mandat à une éventuelle force ouest-africaine au Mali, attendant plus de précisions sur ses contours et sa mission.

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