Des rebelles à la frontière irakienne
Photo : AFP/BULENT KILIC
Les rebelles syriens, qui accentuent la pression sur le régime du président Bachar Al-Assad, contrôlent désormais la frontière avec l'Irak, selon les autorités irakiennes.
« La totalité des postes-frontière entre l'Irak et la Syrie sont désormais sous le contrôle de l'Armée syrienne libre (ASL) », a annoncé à l'AFP le vice-ministre irakien de l'Intérieur, Adnan al-Assadi.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que les rebelles se sont aussi emparés du poste frontalier de Bab al-Hawa, à la frontière avec la Turquie.
Les violences ont fait au moins 248 morts partout au pays, selon l'OSDH, qui évoque le plus lourd bilan depuis le début de la révolte contre le régime de Damas, il y a 16 mois.
L'ONG souligne toutefois que ce bilan pourrait encore s'alourdir. Des victimes seraient encore « sous les décombres dans plusieurs quartiers » et il n'est pas encore possible de les identifier.
Les combats, qui se sont intensifiés durant les cinq derniers jours entre les forces régulières et les rebelles de l'ASL, se sont concentrés sur Damas la capitale, mais également Homs, Alep, Idleb et Hama.
Par ailleurs, le ministère turc des Affaires étrangères a confirmé qu'un général syrien a fait défection et s'est réfugié en Turquie jeudi. Il s'agit du 21e officier de ce grade à faire défection.
Plusieurs dizaines soldats et officiers ont déjà passé la frontière turque pour se joindre à l'ASL. Lundi, un général et plusieurs soldats syriens avaient franchi la frontière. Ils ont été suivis mardi soir par deux autres généraux.
Les violents combats ont poussé quelque 43 000 Syriens à l'exil en Turquie. Ils vivent dans des camps aménagés près de la frontière, où se trouvent également des rebelles.
Mercredi, l'état-major du président Al-Assad était décapité après un attentat à la bombe lors d'une réunion des plus hauts dirigeants militaires dans l'un des bâtiments les plus protégés de la Syrie, celui de la sécurité nationale à Damas.
Le ministre et le vice-ministre syriens de la Défense, ainsi que le chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte en Syrie, y ont perdu la vie.
Bachar Al-Assad n'est réapparu que jeudi à la télévision étatique discutant avec Fahad Djassim al Freij, après son assermentation comme ministre de la Défense.
Sur le plan diplomatique, l'impasse demeure entière. Sans surprise, la Russie et la Chine se sont opposées à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU contre le régime syrien.
Une fois de plus, le veto de Pékin et de Moscou est venu confirmer la division entre les pays occidentaux d'un côté, puis la Russie et la Chine de l'autre, sur le conflit syrien.