Warren Hill a été condamné à mort en Georgie
Photo : PC/AP/Georgia Department of Corrections
Warren Hill, un Américain de 52 ans, s'est vu refuser la clémence lundi par le Comité des grâces de l'État de Georgie, à deux jours de son exécution prévue, malgré un diagnostic de retard mental.
« Je suis horrifié et outré de la décision du comité de refuser sa clémence à Warren Hill, un homme que de nombreux experts, y compris ceux de l'État, ainsi que les tribunaux considèrent comme attardé mental », a déclaré Brian Kammer, son avocat.
Le condamné est doté d'un quotient intellectuel (QI) de 70, le niveau généralement reconnu par les experts pour établir un diagnostic de retard mental. En comparaison, un être humain détient en moyenne un QI de 100.
Warren Hill, qui a passé 21 ans dans le couloir de la mort, a été condamné à la peine capitale en 1991 pour le meurtre d'un codétenu, alors qu'il était en prison pour un autre meurtre, celui de sa compagne, selon les autorités pénitentiaires de l'État.
L'avocat du condamné a introduit lundi un recours devant la Cour suprême des États-Unis, demandant à la plus haute juridiction du pays de lui accorder un sursis et de réentendre l'affaire pour juger cette exécution contraire à la Constitution, à la lumière d'une précédente décision de 2002.
L'arrêt « Atkins contre Virginie » interdit ainsi l'exécution de condamnés attardés mentaux, car leur handicap « ferait courir le risque d'une exécution arbitraire », mais il laisse chaque État fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap.
La Georgie a aboli en 1988 la peine de mort pour les condamnés atteints de retards mentaux. Elle a toutefois établi un seuil de quotient intellectuel plus élevé que les autres États pour définir le retard mental.
Un juge de Georgie avait statué que Warren Hill était attardé intellectuellement, mais à un niveau inférieur à celui requis par l'État. En 2003, la Cour suprême de l'État avait estimé que la défense du condamné n'avait pas atteint le seuil du « doute raisonnable » et une cour d'appel fédérale avait confirmé ce jugement.
La Cour suprême des États-Unis avait rejeté un recours du condamné le 4 juin dernier.
Plusieurs organisations et personnalités, dont l'ancien président américain Jimmy Carter, mais aussi la famille de la victime, avaient appelé le Comité des grâces de Georgie à commuer la condamnation à mort de M. Hill en réclusion criminelle à perpétuité.
« La réputation de la Georgie sera dangereusement ternie si l'État exécute Warren Hill mercredi », a souligné Amnistie Internationale.