La gauche demande l'invalidation de la présidentielle mexicaine

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Andres Manuel Lopez Obrador, du Parti de la révolution démocratique, lors d'une conférence de presse le 3 juillet 2012 à Mexico. Andres Manuel Lopez Obrador, du Parti de la révolution démocratique, lors d'une conférence de presse le 3 juillet 2012 à Mexico.  Photo :  AFP/ALFREDO ESTRELLA

Le candidat de la gauche défait à l'élection présidentielle mexicaine, Andres Manuel Lopez Obrador, déposera officiellement jeudi son recours en invalidation des résultats électoraux, évoquant une « violation des principes constitutionnels ».

« Les principes d'exactitude, d'impartialité, d'équité, d'objectivité et de professionnalisme ont été violés », a déclaré mercredi soir Ricardo Monreal, porte-parole d'Andres Manuel Lopez Obrador.

La demande sera déposée devant le Tribunal fédéral électoral (Trife), seul habilité à proclamer le résultat officiel de l'élection présidentielle du 1er juillet, qui a été remportée par le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto, avec 38,21 % des voix.

Le candidat de la gauche a obtenu 31,59 % des suffrages - un écart de 6,62 % sur le vainqueur - ce qui représente plus de 3,3 millions de suffrages en moins. Lopez Obrador a rapidement dénoncé de présumées irrégularités durant la campagne électorale, en particulier l'achat massif de votes de la part du PRI.

Deux jours après le scrutin, Andres Manuel Lopez Obrador avait demandé un nouveau dépouillement complet des voix, disant avoir mené une « enquête » qui a révélé des « incohérences dans 113 855 des 143 000 postes de vote ».

« Ce qui ne fait aucun doute, c'est qu'il n'y a pas eu une élection propre et transparente », avait affirmé M. Lopez Obrador, accusant le PRI d'avoir acheté des « millions de voix ».

Selon lui, tout le processus électoral a été entaché de graves irrégularités, contrairement à ce qu'affirment des observateurs internationaux. « Nous ne pouvons accepter un résultat frauduleux », avait-il déclaré à la presse.

Les soupçons d'achat de votes à grande échelle sont alimentés par les images des nombreux clients qui se sont précipités dans les supermarchés de la chaîne Soriana, la semaine après l'élection, pour échanger les cartes-cadeaux prépayées qui leur auraient été offertes par le PRI. Plusieurs clients ont déclaré aux journalistes qu'ils avaient dû remettre une photocopie de leur carte d'électeur pour obtenir une carte-cadeau. Le PRI a démenti toute malversation.

À la demande du Parti de la révolution démocratique d'Andres Manuel Lopez Obrador, l'Institut fédéral électoral a procédé au recomptage partiel des urnes, dépouillement qui a confirmé la victoire d'Enrique Peña Nieto, scellant ainsi le grand retour du PRI après 12 ans d'absence.

Enrique Peña Nieto Enrique Peña Nieto (archives)  Photo :  PC/Christian Palma

Le Parti action nationale déposera aussi une requête

Même le président sortant Felipe Calderon, qui a eu sa propre dispute postélectorale avec M. Lopez Obrador en 2006, a réclamé une enquête sur les allégations d'achats de votes et appelé à la mise en place de réformes pour éviter de telles pratiques à l'avenir.

« Nous reconnaissons les résultats officiels publiés jusqu'à présent [...], mais il existe des preuves de manque d'équité et de fautes graves », a indiqué Gustavo Madero, le dirigeant du Parti action nationale (PAN), le parti de M. Calderon.

Parmi les irrégularités constatées, M. Madero a notamment évoqué « le dépassement évident des frais de campagne, l'usage de mécanismes de financement parallèles et l'achat direct de votes ».

Felipe Calderon a également laissé entendre que toute cette histoire pourrait avoir une influence sur la période de transition de M. Pena Nieto, qui doit entrer en fonction le 1er décembre. Il a remporté les élections en grande partie grâce à ses promesses voulant que le PRI ait abandonné les tactiques d'achat des voix et les méthodes répressives utilisées pour conserver le pouvoir au Mexique de 1929 à 2000.

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