Le nouveau président égyptien Mohammed Morsi, photographié lors d'une rencontre avec le sous-secrétaire d'État américain, William Burns (qui ne figure pas sur la photo), le 8 juillet, au Caire
Photo : AFP/KHALED DESOUKI
Le président égyptien, Mohamed Morsi, tente de calmer le jeu en affirmant respecter la dernière décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), qui suspend son décret pour le rétablissement du Parlement dissous.
« Même si le jugement de la Cour constitutionnelle hier revient à empêcher le Parlement d'assumer ses responsabilités, nous respectons cela parce que nous sommes un État de droit », a précisé la présidence dans un communiqué rendu public mercredi.
Mohamed Morsi a affirmé qu'il chercherait le dialogue avec les différentes forces politiques et les autorités judiciaires pour tenter de résoudre le problème de la dissolution du Parlement.
Cette déclaration intervient dans un contexte d'affrontement juridique et politique déclaré entre les islamistes et les hautes instances militaires, considérées comme les véritables tenants du pouvoir.
Mardi, le Parlement égyptien s'était brièvement réuni après l'annonce du décret présidentiel faisant monter la tension en haut de la pyramide du pouvoir.
Le 14 juin, la HCC avait invalidé le Parlement, largement dominé par les islamistes. La Cour a invoqué un vice dans la loi électorale.
Le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) s'était attribué le pouvoir législatif, provoquant la colère des partisans du départ des militaires au pouvoir depuis la chute d'Hosni Moubarak après la révolte de février 2011.
Malgré les déclarations en faveur du respect de la loi et de la Constitution, le sort du Parlement demeure incertain. La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, doit rencontrer le président Morsi cette fin de semaine.
Elle a réclamé un « dialogue intensif entre tous les protagonistes » en Égypte.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s'est montré moins inquiet et s'est dit persuadé que l'Égypte surmontera la crise.