Mahmoud Jibril, de l'Alliance des forces nationales (AFN), en conférence de presse le 8 juillet 2012 à Tripoli.
Photo : AFP/GIANLUIGI GUERCIA
L'Alliance des forces nationales (AFN) de Mahmoud Jibril, qui dirigeait le Conseil national de transition (CNT) durant la guerre civile libyenne, arrive en tête des élections législatives en Libye, selon les premiers résultats partiels dévoilés lundi soir par la commission électorale.
Après le dépouillement de 75 % des bulletins de vote, l'AFN, qui regroupe une soixantaine de formations, remporterait une victoire écrasante à Janzour, dans la banlieue de Tripoli, ainsi que dans l'ouest, à Zlitane, à Misalata, à Tarhouna et à Khoms.
Il distancerait les formations islamistes, dont le Parti de la justice et de la construction (PJC) formé par les Frères musulmans. L'Union pour la patrie, dirigée par un adversaire de longue date du régime de Mouammar Kadhafi, mènerait largement à Misrata, la troisième ville en importance du pays.
Dès le lendemain du scrutin, la coalition des libéraux se disait déjà en avance dans la plupart des circonscriptions du pays. Les résultats tombent toutefois au compte-gouttes et le dépouillement pourrait encore durer quatre ou cinq jours, a fait savoir la commission électorale libyenne, qui n'a pas fixé de date pour l'annonce officielle du gagnant.
Après quatre décennies de régime autocratique du colonel Kadhafi, quelque 1,6 million d'électeurs sur 2,8 millions d'inscrits ont voté avec émotion samedi dernier, ce qui représente un taux de participation de près de 60 %.
Malgré des violences et quelques actes de sabotage, les observateurs internationaux ont qualifié ces premières élections libres de l'histoire du pays de véritable succès. « Il est remarquable que quasiment l'ensemble des Libyens aient voté sans crainte ni intimidation », a déclaré lundi l'un des observateurs déployés par l'Union européenne, Alexander Graf Lambsdorff.
« La Commission électorale a montré sa compétence et sa détermination à remédier rapidement aux problèmes de sécurité et a été en mesure de garantir le fonctionnement des centres de vote dans les zones touchées », ont indiqué d'autres observateurs européens dans un communiqué.
De son côté, Mahmoud Jibril a appelé les autres partis politiques à l'unité nationale et a dit souhaiter la formation d'une grande coalition gouvernementale réunissant les quelque 150 formations politiques du pays, « sous une seule bannière ».
Mahmoud Jibril a été le principal interlocuteur du Conseil national de transition (CNT) avec les grandes puissances qui ont contribué à la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Cet organe politique issu de la rébellion assure l'intérim du pouvoir depuis la chute de Tripoli, en août 2011, jusqu'à ce que la nouvelle assemblée choisie par les électeurs puisse prendre le relais.