Première session au Parlement birman pour Aung San Suu Kyi

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Première session au Parlement birman pour Aung San Suu Kyi le 9 juillet 2012. Première session au Parlement birman pour Aung San Suu Kyi le 9 juillet 2012.  Photo :  AFP/Soe Than WIN

La chef de file de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi siège pour la première fois lundi à titre de députée à la chambre basse du Parlement, consécration de son entrée dans la joute politique légale après avoir passé 15 années en détention depuis 1989.

« J'essaierai de faire de mon mieux pour mon pays », a-t-elle déclaré, promettant qu'elle se joindrait au « concert législatif » pour pousser vers une plus grande « transparence » du Parlement.

« Elle peut améliorer le processus de réformes et [...] donner plus de droits aux minorités ethniques », a pour sa part affirmé Ngon Maungg, député du Parti national chin, l'une des nombreuses minorités du pays.

La session parlementaire s'était ouverte mercredi dernier, mais Aung San Suu Kyi, revenue quelques jours auparavant d'un voyage de plus de deux semaines en Europe, avait obtenu le droit de ne pas assister aux premières séances.

Le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est devenu en avril dernier le premier parti d'opposition en remportant 10 % des sièges de la chambre basse lors d'élections partielles historiques. La LND avait remporté haut la main les dernières élections législatives tenues dans le pays en 1990, mais la junte militaire ne lui a jamais cédé le pouvoir.

Le nouveau gouvernement civil du président Thein Sein demeure largement contrôlé par les militaires, mais il multiplie les gestes d'ouverture depuis que la junte a été dissoute en mars 2011.

Après avoir libéré une vingtaine de prisonniers politiques la semaine dernière, le président a annoncé le remplacement de plusieurs ministres conservateurs considérés comme des freins aux réformes.

Le Parlement doit aussi entériner la nomination d'un nouveau vice-président pour remplacer Tin Aung Myint Oo, proche de l'ex-patron de la junte militaire aujourd'hui à la retraite, le généralissime Than Shwe.

Au cours des prochains jours, les députés devront notamment discuter des violences qui ont secoué l'État Rakhine, en juin dernier, où les affrontements entre communautés musulmane et bouddhiste ont fait plus de 80 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

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