Cet enfant libanais blessé est hospitalisé dans la région nord du Liban près de la frontière syrienne, où les bombardements de l'armée syrienne ont fait cinq morts, samedi, selon des sources hospitalières et les autorités.
Photo : AFP/STR
Le conflit syrien a débordé samedi sur le nord du Liban, où les forces gouvernementales du président Bachar Al-Assad ont bombardé plusieurs villages, faisant cinq morts. Selon des habitants, des rebelles syriens avaient franchi la frontière pour y trouver refuge.
Dans le village d'Al-Mahatta, une maison a été détruite, provoquant la mort d'une adolescente de 16 ans, ont confié des membres de sa famille. Une femme de 25 ans et trois hommes ont également trouvé la mort dans des villages voisins.
Des habitants de la région de Wadi Khaled rapportent que des obus de mortier ont commencé à s'abattre vers 2 h du matin sur des fermes situées à une distance comprise entre 5 et 20 km de la frontière. De nouvelles explosions ont été signalées à la mi-journée.
Dans un communiqué, le président libanais Michel Sleimane a déploré ces morts et promis une enquête sur leurs circonstances.
À l'inverse de la Turquie, qui accueille ouvertement des insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL), le Liban se tient à distance du conflit et a minimisé les précédents incidents qui se sont produits sur son territoire.
Toutefois, des insurgés se servent du nord du Liban comme d'une base arrière et, à plusieurs reprises, les forces de Bachar Al-Assad ont bombardé des villages libanais et même franchi la frontière à la poursuite de rebelles.
Bombardements en Syrie
Par ailleurs, une soixante de personnes ont péri samedi dans les violences en Syrie, notamment dans des bombardements dans la province d'Alep (nord) et à Deir Ezzor (est), a rapporté l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres.
Sur les soixante personnes tuées, 31 sont des civils, 19 des soldats et 10 des rebelles et déserteurs, a précisé l'OSDH.
Cette offensive coordonnée vise à déloger les insurgés qui contrôlent plusieurs secteurs de la province, selon l'ONG.
Pour sa part, l'agence officielle de presse syrienne Sana a fait état plus tôt d'un accrochage « avec un groupe terroriste armé dans le secteur d'Azaz, au nord d'Alep ». Le groupe, précise l'agence, « attaquait des civils et commettait des meurtres ». Sana ajoute que huit assaillants ont été tués et six véhicules équipés de mitrailleuse, détruits.
Pour l'ensemble de la Syrie, l'OSDH estime à 93 morts le bilan des combats et des accrochages dans la seule journée de vendredi, alors que se réunissait à Paris le groupe des Amis du peuple syrien.
La France, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la Ligue arabe ont notamment demandé à cette occasion que le Conseil de sécurité de l'ONU adopte d'urgence une résolution contraignante, pour faire appliquer les accords internationaux sur une transition politique à Damas, sous la menace de sanctions, voire d'un recours à la force.
De son côté, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a dit souhaiter que les pays qui ont des intérêts dans la région travaillent ensemble pour éviter un éclatement du pays et une situation « incontrôlable ». Dans un entretien publié samedi dans le quotidien français Le Monde, l'ancien secrétaire général de l'ONU estime notamment que l'Iran « devrait faire partie de la solution ».