Les quatre travailleurs humanitaires libérés (de gauche à droite à partir du 2e) : Steven Dennis, Qurat-Ul-Ain Sadazai , Astrid Sehl et Glenn Costes, à l'aéroport de Nairobi.
Photo : AFP/Tony Karumba
Les quatre travailleurs humanitaires étrangers qui étaient retenus en otage en Somalie après avoir été enlevés au Kenya vendredi dernier ont été secourus par les soldats de l'armée somalienne, ont affirmé lundi des responsables militaires kényan et somalien.
Parmi eux se trouve la Gatinoise Qurat-Ul-Ain Sadazai, une Pakistano-Canadienne de 38 ans.
Un autre Canadien, le Torontois Steven Dennis, 37 ans, a aussi été libéré. Les deux autres travailleurs sont une Norvégienne, Astrid Sehl, 33 ans, et un Philippin, Glenn Costes, 40 ans.
« Ils sont en sécurité, entre nos mains. Ils ont été libérés. [...] Ils sont épuisés, ils ont marché longtemps et ont des ampoules, et l'un des travailleurs humanitaires a été blessé par balle à la jambe, mais à part ça, ils sont en bonne santé », a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'armée kényane, Cyrus Oguna.
Les otages « ont été libérés lors d'une opération commune des forces kényanes et somaliennes au cours de laquelle l'un des ravisseurs a été tué », a-t-il précisé. Deux autres ravisseurs ont réussi à s'échapper.
L'organisation non gouvernementale pour laquelle ils travaillaient a également confirmé leur libération, précisant que leurs familles en avaient été informées.
Les quatre personnes travaillaient toutes pour le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Elles avaient été enlevées par des hommes armés dans l'attaque d'un convoi du NRC dans le camp de réfugiés de Dadaab, dans l'est du Kenya, près de la frontière avec la Somalie.
Mme Sadazai, originaire du Pakistan, était de retour au Kenya depuis février, afin d'endosser le rôle de directrice adjointe des opérations du NRC en Somalie et au Kenya. Elle y avait déjà travaillé entre 2007 et 2010, quittant le pays pendant quelques années pour diriger les opérations de l'agence à Peshawar, au Pakistan.
Steven Dennis était relativement nouveau au sein du NRC, mais il avait déjà travaillé pour l'organisation au Kenya pendant la dernière année. Il a lui aussi un solide bagage en travail humanitaire et a accumulé les expériences au sein d'autres organisations, notamment Médecins sans frontières.
Le complexe de Dadaab
Le camp de réfugiés Ifo du complexe de Dadaab, au Kenya, à la frontière avec la Somalie (archives)
Photo : PC/AP/Jerome Delay
Le complexe de Dadaab, le plus grand du monde avec ses quelque 465 000 réfugiés, est habité essentiellement par des Somaliens fuyant, depuis plus de 20 ans, les violences de la guerre civile et les sécheresses chroniques qui sévissent dans leur pays. Ses camps sont réputés pour leur insécurité, et la plupart des organisations humanitaires qui y sont installées se déplacent sous escorte.
En octobre dernier, deux Espagnoles travaillant pour Médecins sans frontières (MSF) ont été enlevées dans l'un des camps de réfugiés du complexe. Leur chauffeur kenyan avait été grièvement blessé par balle avant d'être jeté hors du véhicule. Les employées ont été emmenées en Somalie où elles sont toujours retenues en otages.
L'enlèvement avait poussé le Kenya à mener des raids sur deux bases militaires des Shabab, milices somaliennes qu'il estime responsables d'attaques et d'enlèvements sur son territoire.
Certaines régions de la Somalie sont contrôlées par les Shabab, qui veulent renverser le gouvernement de transition du président Sharif Cheikh Ahmed, soutenu par la communauté internationale. Les milices interdisent notamment depuis 2009 l'accès de leur territoire aux agences onusiennes et à de nombreuses ONG.