La dirigeante de l'opposition birmane et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi fait désormais partie des rares dignitaires à s'être adressée aux deux chambres du Parlement britannique, à Westminster Hall. L'ancien président sud-africain Nelson Mandela, le pape Benoît XVI, le président américain Barack Obama et le général de Gaulle ont notamment reçu cet honneur dans le passé.
Le premier ministre britannique, David Cameron, qui a reçu Mme Suu Kyi au 10 Downing Street, a profité de l'occasion pour inviter le président birman, Thein Sein, au Royaume-Uni.
Selon le porte-parole de M. Cameron, une visite de M. Sein au cours des prochains mois permettrait de poursuivre les discussions entamées lors de son voyage au Myanmar, en avril dernier. Les deux dirigeants avaient abordé la question des réformes politiques dans le pays, qui connaît de profonds bouleversements depuis l'autodissolution de la junte il y a un an, et la possibilité d'y encourager les investissements étrangers.
Cette visite était la première d'un chef de gouvernement occidental au Myanmar depuis le coup d'État militaire de 1962. M. Cameron avait d'ailleurs choisi ce moment pour inviter Aung San Suu Kyi à se rendre au Royaume-Uni, en juin.
Thein Sein, qui a annoncé il y a deux jours une seconde vague de réformes portant essentiellement sur le développement économique, aurait « bien accueilli » l'invitation.
Mme Suu Kyi a apporté son soutien à l'initiative du premier ministre britannique et a souligné que les réformes devaient se poursuivre dans son pays, réclamant par ailleurs l'amendement de la Constitution.
De passage au Royaume-Uni où elle a étudié et vécu, la dissidente birmane, qui n'avait pas quitté son pays depuis 24 ans, a rencontré plus tôt le prince Charles et son épouse Camilla. Au cours des derniers jours, elle a notamment visité la Suisse, la Norvège et l'Irlande dans le cadre de sa tournée de 17 jours en Europe.
Aung San Suu Kyi, en visite au Royaume-Uni, a rencontré le prince Charles et son épouse Camilla.
Photo : FACUNDO ARRIZABALAGA