Attentats de Bali : Umar Patek condamné à 20 ans de prison

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Al-Jazeera et BBC News
Umar Patek, l'artificier présumé du groupe islamiste Jamaah Islamiyah lié aux attentats de Bali en 2002. Umar Patek, l'artificier présumé du groupe islamiste Jamaah Islamiyah lié aux attentats de Bali en 2002.  Photo :  AFP/OSCAR SIAGIAN

Près de 10 ans après les attentats qui avaient fait 202 morts et 300 blessés à Bali, la justice indonésienne a condamné à 20 ans de prison Umar Patek, considéré comme « l'expert en démolition » du groupe islamiste Jamaah Islamiyah.

La sentence prononcée contre l'Indonésien de 45 ans par les juges du tribunal de Jakarta-Ouest clôture le dernier grand procès lié au double attentat-suicide survenu en 2002 dans les rues de la station balnéaire de Kuta, petite ville touristique du sud de l'Indonésie.

Un kamikaze avait fait exploser une bombe dans la discothèque le Paddy's Club, créant la panique et attirant un grand nombre de touristes dans la rue. C'est alors qu'une camionnette remplie d'une tonne de nitrate d'ammonium avait explosé devant le Sari Club Café, tuant 202 personnes, en majorité des touristes.

Umar Patek ne sera donc pas exécuté comme l'avaient été, en 2008, trois autres membres du mouvement islamiste indonésien pour leur rôle dans ces attaques. La poursuite avait demandé que l'accusé soit condamné à la prison à vie, soulignant la coopération dont il a fait preuve durant le procès.

Il avait d'ailleurs causé la surprise en demandant « pardon » aux familles et aux proches des victimes des attentats. « Je regrette ce qui est arrivé, car j'étais contre depuis le début », avait-il déclaré, soutenant n'avoir « jamais été d'accord avec les méthodes » des auteurs des attentats, qui avaient pris pour cible une station touristique.

L'accusé avait aussi minimisé son rôle, admettant seulement avoir « aidé à mélanger » 50 kilos, sur la tonne de produits chimiques qui avaient explosé.

Le juge Encep Yuliardi a cependant estimé que « aussi mineur qu'ait été le rôle [d'Umar Patek], le résultat a semé la mort ». « Il a dit qu'il désapprouvait l'attentat », a reconnu le magistrat. Mais « il aurait pu refuser de suivre les ordres de ses supérieurs ou au moins le signaler aux autorités », a-t-il fait valoir.

Considérés comme les plus sanglants de l'histoire du pays, les attentats ont tué 88 Australiens et 38 Indonésiens, les autres étant des touristes européens, américains et asiatiques.

Umar Patek a été arrêté en janvier 2011 à Abbottabad, la ville pakistanaise où Oussama ben Laden a été tué par l'armée américaine quatre mois plus tard. Il a été extradé en Indonésie en août de la même année.

En complément

Correspondants
à l’étranger

  • Jean-François Bélanger
    Jean-François Bélanger

    Vidéo -  L'ONU, la Russie et la Syrie

  • Alexandra Szacka
    Alexandra Szacka

    Vidéo -  François Hollande : deuxième acte

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    La malédiction du second mandat

Tous les correspondants

L'actualité en direct

    Facebook