Anders Behring Breivik
Photo : AFP/ROALD BERIT
Le procureur a demandé qu'Anders Behring Breivik, le militant d'extrême droite accusé du double attentat ayant fait 77 morts l'été dernier, soit déclaré mentalement irresponsable et interné dans un hôpital psychiatrique.
« Notre demande est qu'il soit contraint de suivre des soins psychiatriques » dans un établissement fermé, a déclaré le procureur Svein Holden au terme d'un réquisitoire de près de trois heures.
Si les juges devaient aboutir à une conclusion différente sur la santé mentale de l'accusé, celui-ci devrait être condamné à 21 ans de rétention de sûreté, une peine de prison qui peut être prolongée indéfiniment tant qu'il sera considéré comme dangereux, a ajouté le procureur Svein Holden.
Le verdict des juges doit être rendu d'ici le 24 août.
Après le réquisitoire, Brevik s'est levé et a porté son poing fermé sur la poitrine puis a tendu le bras droit, un salut extrémiste qu'il avait fait pendant les trois premiers jours de son procès, mais auquel il avait ensuite renoncé à la demande de ses avocats.
Une première expertise psychiatrique l'avait d'abord jugé psychotique et donc pénalement non responsable de ses actes, ce qui avait rapidement soulevé un tollé. Puis, une nouvelle équipe d'experts était venue contredire le précédent rapport en statuant qu'Anders Behring Breivik était sain d'esprit au moment des faits.
Lors de l'audience de mercredi, des experts ont décrit les traumatismes psychologiques dont souffrent les survivants et les proches des victimes des attentats. Breivik s'est alors plaint de ne pas recevoir assez d'attention sur sa propre souffrance de voir son pays se transformer en une société multiculturelle.
« Cette affaire concerne l'avenir de la Norvège, celui de l'Europe, et ce sont des thèmes qui auraient dû être abordés », a-t-il affirmé, précisant que c'était « une expérience traumatisante que d'être stigmatisé comme un islamophobe étroit d'esprit et extrémiste de droite ».