Négociations entre les représentants iraniens et les grandes puissances, le 18 juin 2012.
Photo : AFP/KIRILL KUDRYAVTSEV
Les négociations entre les représentants iraniens et les grandes puissances ont repris lundi, à Moscou, dans l'espoir de convaincre Téhéran de renoncer à son controversé programme nucléaire iranien.
Après deux rondes de négociations à Istanbul en avril, puis à Bagdad en mai, le groupe des « 5 plus 1 » (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) et les diplomates iraniens sont réunis au ministère russe des Affaires étrangères pour de nouveaux pourparlers de deux jours.
Considérées comme la dernière chance de résoudre la crise de façon diplomatique, ces négociations se déroulent à deux semaines de l'entrée en vigueur d'un embargo pétrolier de l'Union européenne et du renforcement des sanctions américaines.
Un responsable occidental a déclaré dimanche que la communauté internationale était « prête à prendre des mesures réciproques en échange de mesures vérifiables de la part de l'Iran », mais a précisé que les des « 5 plus 1 » étaient « extrêmement unis dans leur stratégie et leurs propositions ».
De son côté, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, avait déclaré vendredi qu'il y avait « des raisons de penser que le prochain pas sera effectué à Moscou ».
Arrêt de la production sous conditions
À la veille de la reprise des négociations, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est dit prêt à cesser de produire de l'uranium enrichi à 20 % si les grandes puissances lui en fournissent.
Les grandes puissances proposent de leur côté d'alléger les sanctions internationales contre le gouvernement iranien s'il abandonne l'enrichissement d'uranium à 20 %, et de lui offrir une collaboration dans plusieurs domaines nucléaires civils.
Téhéran a déjà été condamné par six résolutions de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions. Celles-ci ont été renforcées depuis 2010 par un embargo commercial, financier et pétrolier des États-Unis et de l'Union européenne, sans donner les résultats escomptés.
Un échec de ces nouveaux pourparlers pourrait être lourd de conséquences, au moment où les États-Unis et Israël ont recommencé à discuter d'une possible intervention militaire préventive pour assurer leur sécurité face aux ambitions nucléaires de Téhéran.
Il y a 10 jours, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'Iran avaient de nouveau échoué à s'entendre sur un accord qui aurait permis à des inspecteurs d'accéder à un site militaire suspect.