Mort de deux Québécoises en Thaïlande : la thèse du meurtre peu plausible, selon la police

  |  Radio-Canada avec Associated Press et La Presse Canadienne
Le reportage de Jacques Bissonnet

Les autorités thaïlandaises, qui tentent de déterminer la cause de la mort mystérieuse de deux soeurs québécoises, Audrey et Noémi Bélanger, retrouvées dans une chambre d'hôtel de l'île touristique de Phi Phi, écartent pour l'instant l'hypothèse du meurtre.

« Il n'y avait aucun signe de lutte, ni de vol, mais nous avons trouvé pas mal de médicaments en vente libre, incluant de l'ibuprofène, qui peut causer de sérieux problèmes d'estomac », a déclaré le lieutenant-colonel Jongrak Pimthong lors d'un entretien téléphonique accordé à l'agence Associated Press, après que des enquêteurs eurent passé au peigne fin la chambre d'hôtel, dimanche.

Il note également que la porte de leur chambre d'hôtel avait été verrouillée à partir de l'intérieur et les affaires personnelles des soeurs étaient toujours là.

Audrey Bélanger, 20 ans, et Noémi Bélanger, 26 ans, ont été retrouvées sans vie vendredi à l'Hôtel Phi Phi Palm Residence, sur l'île Phi Phi, par le personnel de l'hôtel. Leurs corps montraient des signes de traumatismes et des lésions cutanées, et des traces de vomissures ont été décelées dans la chambre.

Les deux femmes sont originaires de Pohénégamook, dans la région du Bas-Saint-Laurent, mais elles étudiaient à Québec, à l'Université Laval.

Noémie et Audrey Bélanger

Les corps devaient être envoyés à l'institut médico-légal de Bangkok pour un examen plus approfondi, plutôt qu'à un hôpital régional, comme c'était prévu initialement, ont affirmé des responsables thaïlandais.

Une infirmière contactée par La Presse Canadienne a toutefois déclaré qu'un médecin avait déjà examiné les corps dans un hôpital de la ville côtière de Krabi, où ils étaient d'abord gardés. Le médecin n'aurait cependant pas remarqué d'anomalie, dit-elle, précisant qu'une autopsie serait nécessaire.

La thèse de l'empoisonnement a été invoquée par les médias locaux, en raison des signes de traumatismes sur leur peau.

Toutefois, selon Brian Ward, directeur adjoint du Centre des maladies tropicales du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), l'intoxication alimentaire est très rarement assez grave pour causer la mort et peut être très difficile à détecter dans une autopsie.

« C'est vraiment peu commun que deux jeunes femmes trouvent ainsi la mort plus ou moins simultanément et qu'elles ne semblent pas avoir cherché une forme d'aide médicale », souligne-t-il.

Communauté dans le deuil

La petite communauté de Pohénégamook, où les jeunes soeurs étaient connues de tous, est toujours sous le choc.

« Je ne réalise pas encore qu'elles ne sont plus là [...] Elles avaient le sourire aux lèvres, elles rendaient tout le monde heureux », raconte Joannie Ouellette, une collègue de travail des soeurs.

Louise Labonté, mairesse de la communauté, affirme quant à elle que « toute la municipalité est en deuil ». « Nous sommes tous avec la famille, nous sommes derrière eux », a-t-elle dit, visiblement émue.

La mairesse Labonté, qui a fait la connaissance des soeurs quand elles étaient à l'école secondaire où elle travaillait, les décrit comme de jeunes femmes aventureuses et pleines de promesses.

La famille Bélanger n'a pas voulu commenter pour l'instant.

En complément

Correspondants
à l’étranger

  • Jean-François Bélanger
    Jean-François Bélanger

    Vidéo -  L'ONU, la Russie et la Syrie

  • Alexandra Szacka
    Alexandra Szacka

    Vidéo -  François Hollande : deuxième acte

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    La malédiction du second mandat

Tous les correspondants

L'actualité en direct

    Facebook