Deuxième tour de la présidentielle en Égypte
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Tandis que les Frères musulmans revendiquaient déjà la victoire de leur candidat au second tour de l'élection présidentielle en Égypte dimanche, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) s'est attribué le pouvoir législatif jusqu'à l'élection d'un nouveau Parlement.
Au pouvoir depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011, le CSFA a aussi posé comme condition à la tenue d'élections l'adoption d'une constitution par référendum.
Le Parlement égyptien dominé par les islamistes avait été dissous samedi en application de la décision de la Haute Cour constitutionnelle qui l'a déclaré illégal.
Selon la décision de la Cour, rendue jeudi, le principe d'égalité n'avait pas été respecté lors des élections législatives de janvier, puisque certains partis avaient présenté des candidats au tiers des sièges qui étaient réservés aux indépendants parmi les 508 sièges disponibles.
Les Frères musulmans égyptiens ont contesté cette décision et réclamé un référendum sur cette question. Ils accusaient le CSFA d'avoir orchestré cette décision de justice pour s'adjuger le pouvoir législatif, et la déclaration de dimanche semblait leur donner raison.
Un haut dirigeant des Frères musulmans, Mohammed Beltagui, avait dénoncé jeudi un véritable « coup d'État ».
Une commission constitutionnelle sous la surveillance des militaires
Une « commission constitutionnelle représentant tous les segments de la société » aura trois mois pour rédiger une nouvelle constitution. Le CSFA aura un droit de veto sur tout article jugé « contraire aux intérêts suprêmes du pays ».
Le Conseil suprême pourra aussi former une nouvelle commission constitutionnelle si l'instance actuelle, où les islamistes sont majoritaires, « est empêchée d'accomplir son travail ». Les partis libéraux craignent que la commission, élue la semaine dernière, rédige une loi fondamentale reflétant les positions politiques et religieuses des Frères musulmans.
Le chef du CSFA, le maréchal Hussein Tantaoui, a aussi « jusqu'à l'adoption d'une nouvelle constitution, tous les pouvoirs prévus par la loi dont jouit le commandant général des forces armées et ministre de la Défense ».
Ils étaient nombreux devant certains bureaux de vote au Caire avant même leur ouverture à 8 h locales.
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Fin du vote pour la présidentielle
La deuxième et dernière journée de vote a pris fin dans le cadre du second tour de la première présidentielle depuis la chute d'Hosni Moubarak. Deux candidats, l'ancien militaire Ahmad Chafic et le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, se disputaient le dernier round pour le palais présidentiel.
Les résultats officiels doivent en principe être annoncés jeudi, mais les représentants des candidats sont autorisés à participer au dépouillement des votes.
Les Frères musulmans ont d'ailleurs déjà revendiqué la victoire de leur candidat Mohammed Morsi. Lors d'une conférence de presse organisée tard dimanche soir, les représentants de la confrérie islamiste ont scandé : « fini la loi des militaires ».
Au quartier général de sa campagne électorale, Mohammed Morsi a pris la parole en remerciant Dieu d'avoir montré le bon chemin au peuple égyptien, celui de la liberté et de la démocratie.
Le parti d'Ahmad Chafic a de son côté contesté la victoire revendiquée par les Frères musulmans, disant que ces derniers ne tentaient que de « duper le peuple » et que le dépouillement des votes se poursuivait.
Un membre de la commission électorale égyptienne ayant requis l'anonymat a quant à lui confirmé lundi que « les résultats publiés par l'équipe de campagne de Morsi sur son site Internet correspondent en grande partie aux résultats recueillis par la commission électorale ».
Ce dernier a toutefois précisé à Reuters qu'il fallait attendre les résultats définitifs avant de se prononcer officiellement.
Les résultats du premier tour de la course à la présidentielle ont sérieusement divisé le pays entre ceux qui craignent un retour à l'ancien régime si M. Chafic est élu et ceux qui rejettent l'arrivée des islamistes à la magistrature suprême du pays en cas de victoire des Frères musulmans.
M. Morsi est arrivé en tête au premier tour en mai avec 24,7 % des suffrages. M. Chafic a obtenu 23,6 % des voix.

Un bureau de vote au Caire le 16 juin 2012
Photo : AFP/MOHAMMED ABED
File d'attente devant un bureau de vote au Caire
Photo : AFP/PATRICK BAZ
Un bureau de vote au Caire