Le monde arabe en mutation

Mort du prince héritier d'Arabie saoudite

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le prince héritier saoudien Nayef ben Abdel Aziz, en novembre 2011 Le prince héritier saoudien Nayef ben Abdel Aziz, en novembre 2011  Photo :  AFP/FAYEZ NURELDINE

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, est décédé samedi à l'âge de 79 ans, a annoncé la télévision d'État. Il a dirigé le puissant ministère de l'Intérieur et supervisé la lutte contre Al-Qaïda dans le pays.

Demi-frère du roi Abdallah, 88 ans, il avait été nommé il y a seulement huit mois, en octobre 2011, prince héritier, en plus de son poste de ministre qu'il occupe depuis 37 ans malgré ses ennuis de santé.

Selon des spécialistes du royaume, il souffrait d'un cancer. Aux dernières nouvelles, il se trouvait à l'étranger pour de nouveaux soins médicaux et des médias l'avaient montré il y a quelques jours recevant des proches à Genève, en Suisse.

Son frère, le prince Salmane ben Abdel Aziz, ministre de la Défense, âgé de 76 ans, apparaît comme celui qui pourrait lui succéder.

Sa disparition souligne le vieillissement des premiers princes de la dynastie qui dirige la puissance pétrolière située au coeur d'une région en pleine mutation politique. Il avait lui-même été désigné prince héritier après le décès de son frère, le prince Sultan, âgé de plus de 80 ans.

Un homme à poigne et tenant de l'orthodoxie

Personnage austère, le prince Nayef était considéré comme plus conservateur que le roi Abdallah, un prudent réformateur.

Il a supervisé la lutte contre Al-Qaïda qui avait mené des attentats sanglants dans le royaume de 2003 à 2006, obligeant ses chefs et membres à s'enfuir au Yémen.

Il avait aussi sévi contre toute forme d'opposition, dont celle des militants progressistes.

Ces derniers mois, ses services avaient veillé à ce qu'aucune manifestation n'ait lieu dans le pays et il avait publiquement remercié en 2011 les Saoudiens de ne pas avoir suivi les appels dans ce sens lancés par des militants locaux.

Il entretenait de bonnes relations avec les milieux religieux tenants de l'orthodoxie et généralement opposés à une évolution du royaume ultraconservateur.

Tenant d'une ligne dure à l'égard de l'Iran, il avait par ailleurs de solides relations dans le monde arabe. Il avait, selon des diplomates, joué un rôle dans la décision du royaume d'accueillir le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali et d'envoyer des troupes à Bahreïn pour aider à la répression de la contestation animée par des chiites.

Né à Taëf en 1933, il avait été nommé gouverneur de Riyad à 20 ans, avant de devenir vice-ministre de l'Intérieur en 1970 puis ministre de l'Intérieur en 1975.

Il était le 23e fils du roi Abdelaziz Ibn Saoud, le fondateur du royaume, qui a eu plusieurs dizaines d'enfants, nés de nombreux mariages.

Réaction américaine

Le président des États-Unis et la secrétaire d'État américaine ont présenté leurs condoléances, Hillary Clinton décrivant le prince héritier Nayef comme « un partenaire important et apprécié » de Washington.

Barack Obama a pour sa part accueilli la nouvelle avec « beaucoup de regrets », affirmant qu'à titre de ministre de l'Intérieur, le prince héritier s'était « dédié à la sécurité » de l'Arabie saoudite, allié des États-Unis dans la région. « Sous sa direction, les États-Unis et l'Arabie saoudite ont développé un partenariat fort et efficace dans la lutte contre le terrorisme, qui a sauvé des vies américaines et saoudiennes », a déclaré le président américain.

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