Le monde arabe en mutation

Les violences font des dizaines de morts en Syrie

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
L'attentat à la voiture piégée a fait au moins 14 blessés tout près d'un lieu sacré chiite en banlieue de Damas Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 14 blessés tout près d'un lieu sacré chiite en banlieue de Damas.  Photo :  AFP/LOUAI BESHARA

Au moins une cinquantaine de personnes ont péri dans les assauts et les bombardements des troupes régulières contre plusieurs villes rebelles et dans les combats entre soldats et insurgés jeudi en Syrie, selon des militants des droits de la personne et des ONG.

Les bombardements de l'armée syrienne se sont notamment poursuivis contre les zones rebelles dans la province de Homs, faisaient au moins 53 morts, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) à l'Agence France-Presse.

Deux attentats à la voiture piégée ont aussi fait plusieurs morts et une quinzaine de blessés dans le nord-ouest du pays et en banlieue de la capitale, Damas.

Une première voiture piégée visait un poste de contrôle de l'armée dans le nord-ouest du pays, tuant et blessant « plusieurs soldats » selon une ONG syrienne citée par l'Agence France-Presse.

Une deuxième voiture a explosé dans une banlieue de Damas faisant au moins 14 blessés. L'attentat, qui visait un bâtiment de la sécurité syrienne toujours selon une ONG, a été perpétré aux abords du mausolée de Zeinab, un des lieux les plus sacrés de l'islam chiite.

Amnistie Internationale évoque de crimes contre l'humanité

Amnistie Internationale a de son côté accusé le régime de Bachar Al-Assad de commettre des « crimes contre l'humanité » afin de se venger des communautés soupçonnées de soutenir les insurgés en Syrie.

Comme tous les vendredis depuis le début de la contestation le 15 mars 2011, les militants antirégime ont appelé à des manifestations massives, cette fois-ci sous le slogan « Toujours prêts à la forte mobilisation » pour signifier que la révolte populaire ne s'essouffle pas malgré la répression.

La France et l'Italie réitèrent leur appui au plan Annan

Le président français François Hollande et le président du Conseil italien Mario Monti ont jugé « inacceptables » jeudi les violences en Syrie et réaffirmé leur soutien à la mission de l'émissaire de l'ONU Kofi Annan, dans une conférence de presse commune à Rome.

« Nous pensons que les violences perpétrées sont inacceptables et doivent être condamnées avec la fermeté maximale », a déclaré M. Monti.

Par ailleurs, les grandes puissances, les États-Unis et la Grande-Bretagne notamment, s'efforcent d'organiser une réunion du groupe de contact sur la Syrie le 30 juin à Genève, mentionne l'Agence France-Presse citant des sources diplomatiques.

Kofi Annan a dit souhaiter voir ce groupe de contact se réunir au plus vite pour remettre son plan de paix sur les rails, mais les tractations à propos d'une éventuelle participation de l'Iran, à laquelle s'opposent les Américains, semblent retarder l'échéance.

Haffeh, une ville fantôme

La ville de Haffeh, où une équipe d'observateurs de l'ONU s'est rendue jeudi après plusieurs jours de pilonnage et de combats, était vidée de ses habitants et ses bâtiments publics réduits à des gravats.

« Un forte odeur de mort était dans l'air. La plupart des bâtiments gouvernementaux, y compris la poste, ont été incendiés de l'intérieur », écrit la Mission d'observation de l'ONU dans un communiqué.

Cela faisait une semaine que les observateurs chargés de surveiller l'application d'un cessez-le-feu complètement ignoré essayaient de se rendre dans cette localité.

La télévision d'État a pour sa part assuré que les observateurs s'étaient rendus dans la région pour « inspecter le vandalisme et la destruction causés par les terroristes ».

Au moins 14 000 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars 2011, selon l'OSDH.

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