La Cour constitutionnelle égyptienne juge que la composition du Parlement est « entièrement illégale » et « anticonstitutionnelle », ce qui implique sa dissolution.
Selon la Cour, le principe d'égalité n'a pas été respecté lors des élections législatives, puisque certains partis ont présenté des candidats au tiers des sièges qui étaient réservés aux indépendants parmi les 508 sièges disponibles.
Le président de la cour, Farouk Soltan, explique qu'il revient désormais à l'exécutif de convoquer un nouveau scrutin.
L'armée, qui dirige de fait le pays depuis la chute de Hosni Moubarak, a convoqué une réunion extraordinaire. Selon des sources militaires, elle pourrait annoncer qu'elle reprendra le pouvoir législatif du pays jusqu'à l'élection d'une nouvelle assemblée.
Dans un communiqué mis en ligne sur Facebook, l'ancien dissident et haut dirigeant des Frères musulmans égyptiens, Abdel Fotouh, déclare que la décision de la Cour, après le décret adopté la veille par le gouvernement, qui accorde à la police militaire et aux services de renseignement de l'armée le pouvoir d'arrêter des civils et de les convoquer devant la justice militaire, consiste en un véritable coup d'État. « Et quiconque pense que des millions de jeunes vont laisser ce coup d'État se produire se leurre », écrit-il.
Les premières élections législatives en Égypte depuis la chute du président Hosni Moubarak en février 2011 avaient consacré une nette victoire des islamistes en janvier 2012.
La candidature de l'ancien premier ministre de Moubarak autorisée
Plus tôt jeudi, la Cour constitutionnelle égyptienne a aussi rendu un jugement très attendu permettant au dernier premier ministre d'Hosni Moubarak, Ahmad Chafic, de participer au second tour de l'élection présidentielle de samedi et dimanche prochain.
Cette décision de la Cour invalide la loi qui interdit aux figures du régime Moubarak de briguer un mandat.
M. Chafic pourra donc se présenter contre le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi.
Le calendrier démocratique doit être respecté, dit Hillary Clinton
La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a refusé de commenter directement la décision de la Cour. Elle dit toutefois attendre des généraux qu'ils remettent comme prévu la totalité de leurs pouvoirs à un gouvernement civil démocratiquement élu.
Lors d'une conférence de presse, M. Clinton a affirmé « qu'il appartient en dernier recours au peuple égyptien de déterminer son propre avenir ». Elle dit attendre que « le scrutin présidentiel se tienne dans un climat propre à déboucher sur des élections pacifiques, justes et libres ».
« Il ne peut pas y avoir de marche en arrière concernant la transition démocratique réclamée par le peuple égyptien », a-t-elle soutenu.
