Le monde arabe en mutation

Syrie : Amnistie internationale évoque des crimes contre l'humanité

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des femmes syriennes se couvrent la bouche lors d'une manifestation contre le régime de Damas le 13 juin 2012. Des femmes syriennes se couvrent la bouche lors d'une manifestation contre le régime de Damas le 13 juin 2012.  Photo :  AFP/KHALIL MAZRAAWI

Amnistie internationale appelle la communauté internationale à agir avec fermeté pour sévir contre les violations généralisées et systématiques - dont des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre - commises par les forces du président syrien Bachar Al-Assad.

« La multiplication choquante du nombre d'homicides illégaux, d'actes de torture et de détentions arbitraires, et la destruction gratuite de logements en Syrie montrent à quel point il est urgent que la communauté internationale agisse avec fermeté pour enrayer les attaques de plus en plus fréquentes lancées contre les civils par les forces gouvernementales et des milices agissant en toute impunité », peut-on lire dans un nouveau rapport publié jeudi par l'association internationale de défense des droits de l'homme.

L'organisme dit avoir des preuves récentes que des victimes, dont des enfants, ont été traînées à l'extérieur de leurs maisons et tuées par des soldats, qui dans certains cas avaient incendié leurs cadavres.

Le rapport, basé sur plus de 200 témoignages recueillis clandestinement en avril dans 23 villes et villages de la Syrie, conclut que les forces de sécurité sont coupables de « graves violations des droits de l'homme et de sérieuses entorses au droit humanitaire international allant jusqu'aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre ».

« La majorité écrasante des exactions sont commises par les forces gouvernementales de sécurité et leurs milices paramilitaires contre la population civile. » — Donatella Rivera, d'Amnistie internationale

« Ces nouvelles preuves inquiétantes d'un système organisé de graves exactions mettent en lumière la nécessité urgente d'une action internationale décisive », a déclaré la spécialiste d'Amnistie internationale pour les situations de crise, Donatella Rivera.

Dans ce rapport de 70 pages intitulé « Représailles mortelles », Amnistie internationale demande de nouveau au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) du dossier syrien et d'imposer un embargo sur les armes.

« Partout où je suis allée, j'ai rencontré des habitants désespérés qui m'ont demandé pourquoi le monde restait là sans rien faire », a dénoncé Mme Rivera.

« Face à la détérioration continue de la situation et au nombre de morts parmi les civils, qui augmente chaque jour, la communauté internationale doit agir pour mettre fin à ces violences qui ne cessent de s'aggraver. » — Donatella Rivera, d'Amnistie internationale
Une enfant syrienne montre un signe de victoire lorsqu'elle aperçoit de l'aide humanitaire arriver dans la ville de Houla, le 7 juin 2012. Une enfant syrienne montre un signe de victoire lorsqu'elle aperçoit de l'aide humanitaire arriver dans la ville de Houla, le 7 juin 2012.  Photo :  AFP/SHAAM NEWS NETWORK

Ce cri du coeur d'Amnistie internationale survient à peine deux jours après que le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, eut déclaré que la Syrie était en état de guerre civile.

Le même jour, un rapport publié par l'ONU sur les enfants dans les conflits armés accusait des soldats syriens d'avoir torturé et exécuté des enfants. Des soldats ont également utilisé des enfants d'à peine huit ans comme « boucliers humains », lors d'opérations contre les rebelles.

Dans ce document, le gouvernement syrien est décrit comme l'un des pires sur la liste annuelle « de la honte », qui énumère les protagonistes des pays en conflit où les enfants sont tués, torturés et forcés à combattre.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme basé à Londres, plus de 14 100 personnes, en majorité des civils, ont été tuées depuis le début de la révolte contre le président Bachar Al-Assad, à la mi-mars 2011. Les affrontements entre les soldats du régime et les rebelles ont fait 50 nouveaux morts dans la seule journée de mercredi.

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