L'ancien président tunisien Ben Ali (29 novembre 2010)
Photo : AFP/MAHMUD TURKIA
L'ex-président de la Tunisie Zine el-Abidine Ben Ali a été condamné par contumace, mercredi, à perpétuité « pour son rôle dans la sanglante répression » dans les villes de Thala et de Kasserine » où plusieurs civils sont morts en janvier 2011.
Son ancien ministre de l'Intérieur écope d'une peine de 12 ans de prison, mais le chef de la sécurité présidentielle à l'époque de Ben Ali, Ali Seriati, a été acquitté.
Un peu plus tôt mercredi, le président déchu avait été condamné à 20 ans de prison pour « incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien » durant la « révolution de jasmin » qui a mené à sa chute.
Ce verdict a été rendu dans ce qui est appelé l'affaire de Ouardanine, relativement à la mort de quatre jeunes qui avaient été tués par balle en tentant de s'opposer à la fuite de Kaïs Ben Ali, le neveu de l'ancien président.
Ces violences sont survenues dans la nuit du 15 au 16 janvier 2011 à Ouardanine, localité relevant du gouvernorat (préfecture) de Sousse, au lendemain de la fuite de Ben Ali en Arabie saoudite.
En plus des quatre morts, plusieurs autres personnes avaient été blessées. Les familles des victimes ont ensuite accusé des membres des forces de l'ordre d'avoir ordonné de tirer sur les manifestants.
Une quinzaine d'agents des forces de sécurité tunisienne qui étaient également poursuivis dans cette affaire ont été condamnés à des peines allant de 5 à 10 ans de prison, selon ce que rapporte l'agence officielle de presse tunisienne (TAP).
Le soulèvement populaire qui a mené à la chute de Ben Ali en 2011 est né après qu'un jeune marchand de fruits et de légumes se fut immolé par le feu à Sidi Bouzid pour dénoncer les conditions de vie économiques et sociales dans le pays. Selon l'ONU, quelque 300 personnes sont mortes lors des manifestations qui ont suivi et 700 autres ont été blessées.
La Tunisie aura ouvert la voie au printemps arabe, mais aura aussi été la pionnière en organisant les premières élections libres postrévolution. La révolution du jasmin aura inspiré les autres pays comme l'Égypte, le Yémen, la Syrie et la Jordanie à descendre dans les rues pour réclamer la chute du pouvoir en place.