La cité de Homs attaquée par les forces du régime, selon des activistes.
Le département d'État américain dit craindre que le régime syrien s'apprête à commettre un massacre à Haffeh.
Les États-Unis partagent avec Kofi Annan, émissaire international sur la Syrie, une vive inquiétude sur des renseignements laissant croire à la planification d'un nouveau massacre, cette fois dans le village d'Haffeh. Cette crainte se base sur des informations transmises par des observateurs de l'ONU présents dans le pays, selon lesquelles l'armée syrienne ferait usage d'hélicoptères, de chars et de mortiers dans la localité de Haffeh, dans la province de Lattaquié.
« Nous tenons à rappeler aux gradés syriens une des leçons apprises en Bosnie : la communauté internationale peut découvrir quelles unités sont responsables de crimes contre l'humanité et vous serez tenus responsables de vos actions », a dit la porte-parole du département d'État Victoria Nuland.
Mme Nuland a par ailleurs exclu l'éventualité d'une intervention militaire américaine, de crainte de transformer le conflit en « guerre par procuration ». La Russie, fidèle allié de la Syrie, s'oppose fermement à l'usage de la force pour faire quitter le pouvoir au président Bachar Al-Assad. Dans ce contexte, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov se rendra mercredi en Iran, principal allié de Damas dans la région. L'Iran a d'ailleurs été accusé de lui fournir armes et expertise pour la répression.
Poursuite des violences à Homs
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé à Londres, la répression et les affrontements ont coûté la vie à 87 personnes, lundi. La mission d'observation de l'ONU a elle aussi exprimé son inquiétude concernant l'escalade de la violence à Homs, soulignant qu'elle était en train de négocier l'évacuation des civils.
Des bombardements auraient aussi eu lieu dans les provinces de Hama et de Homs (centre), où se trouve Rastan, ainsi que dans la région de Deraa (sud), la province d'Alep (nord), les faubourgs de Damas, et Deir el-Zour (est). De violents combats étaient également signalés dans la province d'Idlib (nord).
Les violences se sont intensifiées ces dernières semaines, alors que la révolte syrienne entre dans son 16e mois. Un cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ONU aurait dû entrer en vigueur le 12 avril, mais il n'a jamais été respecté.