L'armée syrienne a bombardé samedi deux bastions rebelles, tuant 83 civils, dont des femmes et des enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Un nouvel épisode de la répression qui a poussé l'opposition à réclamer à la communauté internationale des armes sophistiquées pour faire tomber le régime.
Au moins 23 personnes, dont neuf femmes et trois enfants de 12 et 13 ans, ont été tuées avant l'aube dans les bombardements violents de l'armée à Deraa, dans le sud de la Syrie, où les premières manifestations de protestation contre le régime de Bachar Al-Assad avaient éclaté le 15 mars 2011, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Dans un autre bastion de la révolte, l'armée a bombardé la région de Homs dévastée par des mois de violences, tuant 29 civils, dont 12 dans la ville même, selon l'ONG basée à Londres. Les troupes du régime tentent depuis plusieurs semaines de prendre le contrôle de ces quartiers.
Ces violences surviennent au lendemain d'une journée sanglante, au cours de laquelle la répression et les combats entre soldats et rebelles ont fait 68 morts, selon l'OSDH.
Plus tôt vendredi, les observateurs de l'ONU se sont rendus dans le hameau de Mazraat al Qoubir, qui aurait été le théâtre d'un nouveau massacre.
Ils se sont dits incapables de confirmer l'information. Ils ont toutefois signalé des traces de massacre et des signes de présence des forces syriennes dans certaines maisons.
Au moins 78 personnes auraient été massacrées mercredi dans ce hameau situé près de Hama, selon l'opposition syrienne.
Dans un communiqué rendu public vendredi soir, le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a rapporté que les observateurs ont fait état de traces de véhicules blindés et de maisons fortement endommagées par des tirs de roquettes, de grenades et d'autres armes.
Par ailleurs, les instances dirigeantes du Conseil national syrien (CNS) se sont réunies samedi à Istanbul, en Turquie, pour doter cette principale plateforme d'opposition au régime de Damas d'un nouveau chef après la démission du président sortant Burhan Ghalioun.
Entre-temps, la rébellion armée a réclamé davantage de moyens pour combattre le régime alors que la communauté internationale, déjà divisée sur les moyens diplomatiques pour régler le conflit, est réticente à l'idée de lui envoyer des armes.
Discussions à l'ONU
Selon des diplomates, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité incluant une menace de sanctions contre le régime syrien.
De son côté, la Russie a de nouveau réclamé samedi la tenue d'une réunion internationale sur la Syrie, en soulignant que de nouvelles sanctions ou une intervention militaire ne feraient que « détériorer une atmosphère déjà difficile ».
Moscou a en outre réitéré son opposition à un recours à la force contre la Syrie. « Nous n'allons pas autoriser au Conseil de sécurité de l'ONU le recours à la force », a déclaré samedi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en qualifiant ce scénario de « catastrophique ».
Les États-Unis et l'Union européenne ont déjà imposé des sanctions unilatérales à Damas.
Lors d'une rencontre avec la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton à Washington, l'émissaire international Kofi Annan a demandé une nouvelle fois que la pression soit plus importante sur le gouvernement syrien pour la mise en oeuvre de son plan de paix.
Lors d'une conversation téléphonique avec M. Annan, vendredi, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a réaffirmé le soutien du Canada au plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe.
Selon le porte-parole du ministre Baird, Rick Roth, M. Baird a aussi affirmé que le Canada était ouvert à un transfert du pouvoir, et à un changement démocratique. À l'instar d'autres pays, le Canada estime, a indiqué M. Baird, qu'un petit groupe de pays serait mieux placé pour provoquer une percée en Syrie. Le ministre a offert tout soutien du Canada qui serait jugé utile par M. Annan. Celui-ci a répondu qu'il réfléchirait à cette offre.