Le monde arabe en mutation

Égypte : l'état d'urgence est levé

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Al-Masry al youm
Des soldats à l'intérieur d'un bureau de vote lors du premier tour de l'élection présidentielle le 24 mai 2012. Des soldats à l'intérieur d'un bureau de vote lors du premier tour de l'élection présidentielle le 24 mai 2012.  Photo :  AFP/MAHMUD HAMS

L'armée égyptienne, qui tient les rênes du pouvoir depuis la chute de l'ex-président Hosni Moubarak, a annoncé jeudi la levée de l'état d'urgence, plus de 30 ans après son instauration.

L'état d'urgence avait été imposé après l'assassinat du président Anouar Al-Sadate en 1981 par un commando d'islamistes radicaux lors d'un défilé militaire. Cette loi d'exception avait été reconduite pour la dernière fois en 2010 pour deux ans, jusqu'au 31 mai 2012.

La levée de cette loi qui symbolise la répression et l'arbitraire de l'ancien régime est l'une des principales revendications des mouvements de jeunes militants prodémocratie, qui ont lancé la révolte en 2011.

La loi sur l'état d'urgence brimait les libertés publiques et donnait des pouvoirs élargis à la police en matière d'arrestation et de détention. Elle permettait également le renvoi devant des tribunaux d'exception.

Dans son communiqué, l'armée a indiqué qu'elle « continuera à assumer sa responsabilité nationale de protéger la sécurité de la nation et des citoyens en cette période importante de l'histoire de notre nation, et ce, jusqu'à la remise du pouvoir [à un président civil] ».

La décision de l'armée survient dans une période sensible de la vie du pays.

Les 16 et 17 juin prochains aura lieu le second tour des élections présidentielles, qui départagera le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi et Ahmed Chafiq, le dernier premier ministre de M. Moubarak.

L'annonce des résultats du premier tour a provoqué une vague de colère dans tout le pays en raison de la présence de M. Chafiq au second tour, car il est considéré comme le continuateur de l'ancien régime. Son siège de campagne avait d'ailleurs été brûlé le soir de l'annonce des résultats.

Le jour de l'élection, alors qu'il allait voter, M. Chafiq avait été conspué par des dizaines de personnes.

Verdict

La justice égyptienne doit rendre son verdict dans le procès de Hosni Moubarak, 84 ans, samedi prochain.

L'ex-président est passible de la peine capitale s'il est reconnu coupable de la répression meurtrière du soulèvement contre son régime et d'enrichissement illicite.

Tout au long de son procès, M. Moubarak est apparu allongé sur une civière, enfermé dans un box grillagé. L'image, qui symbolise la chute d'un dictateur qui a régné plus de 30 ans, a fortement marqué les esprits.

Le verdict sera donc connu à quelques jours de l'élection de son successeur.

Ses deux fils, Alaa et Gamal, sont jugés en même temps que leur père. Gamal Moubarak a, jusqu'à la chute du régime, fait figure de successeur présumé de son père.

Mesures de sécurité exceptionnelles

Le quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm a rapporté que les autorités vont déployer 20 000 soldats et 160 blindés pour assurer la sécurité lors de l'annonce du verdict.

Le chemin d'un kilomètre qu'emprunteront les accusés sera sécurisé par la présence de soldats. Les soldats seront également déployés dans les places publiques et sur les routes du Caire.

Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur a décidé d'évacuer immédiatement les accusés après l'annonce du verdict.

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