François Hollande en Afghanistan pour expliquer le retrait français

Le compte rendu de Frédéric Nicoloff

En déplacement-surprise en Afghanistan, le président François Hollande a assuré vendredi matin que la France retirerait ses troupes combattantes d'ici la fin de l'année de façon « ordonnée et coordonnée ».

Lors de sa visite de la base de Nijrab, dans la province de la Kapisa, le chef de l'État a rendu hommage aux 83 militaires français morts en Afghanistan depuis le début de l'intervention en 2001.

S'adressant aux membres de la Task force Lafayette, il a garanti que le départ des troupes françaises se ferait dans le respect des conditions de sécurité pour les soldats.

« Notre retrait sera ordonné et coordonné » avec l'OTAN, a affirmé le chef de l'État. Il sera mis en oeuvre « en bonne intelligence » avec les alliés, notamment américains, de la France, a-t-il promis.

« Plusieurs raisons justifient cette décision de retirer nos troupes combattantes d'Afghanistan », a expliqué François Hollande.

« Le temps de la souveraineté afghane est venu. [...] La menace terroriste qui visait notre territoire sans avoir totalement disparu a été en partie jugulée. » — François Hollande, président de la France

« Vous avez exécuté votre mission », a-t-il considéré, disant « toute sa gratitude » et sa « confiance » aux militaires français.

Le socialiste François Hollande s'était engagé, pendant sa campagne électorale, à retirer les troupes combattantes françaises d'Afghanistan avant la fin de l'année, et non à la fin de 2013 comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy l'avait prévu. Une décision qu'il a défendue il y a quelques jours lors du sommet de l'OTAN à Chicago.

Avec environ 3280 militaires à la mi-mai, la France est le cinquième pays contributeur de troupes au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) déployée par l'OTAN en Afghanistan, derrière les États-Unis (90 000), la Grande-Bretagne (9500), l'Allemagne (4700) et l'Italie (3985).

La France a amorcé son retrait d'Afghanistan en octobre 2011, passant le relais aux autorités afghanes dans le district de Surobi. En avril, elle a commencé à leur transmettre le flambeau pour la Kapisa.

Accompagné pour ce voyage de ses ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves le Drian (Défense), François Hollande doit s'entretenir avec le président afghan Hamid Karzaï, avec qui il avait déjà parlé au sommet de l'OTAN à Chicago.

Selon un communiqué de l'Élysée, il doit aussi rencontrer des membres d'ONG et de la société civile afghane, ainsi que des expatriés français.

Associated Press

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