Bourhan Ghalioun, le président du Conseil national syrien, démissionne

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Bourhan Ghalioun Bourhan Ghalioun  Photo :  AFP/KHALED DESOUKI

La crise qui couve depuis plusieurs mois au sein du Conseil national syrien (CNS), coalition d'une partie de l'opposition, a abouti à la démission de son président, Bourhan Ghalioun.

Le CNS a indiqué dans un communiqué que M. Ghalioun resterait à la tête de l'organisme jusqu'à ce qu'un nouveau chef soit élu. Le bureau exécutif du CNS doit se réunir les 11 et 12 juin en Turquie pour trouver un remplaçant.

Bourhan Ghalioun, qui présidait le CNS depuis sa création en août 2011, venait d'être réélu, à la mi-mai, avec 66 % des voix.

Cet universitaire laïque de 67 ans, qui vit en exil à Paris, était critiqué par de nombreux opposants. Ses détracteurs lui reprochent de négliger les contacts avec les groupes d'opposition à l'intérieur de la Syrie et de ne pas avoir réussi à unifier les rangs de l'opposition.

La situation du CNS, marquée déjà par plusieurs démissions, n'a pas favorisé une reconnaissance internationale formelle, malgré les appuis affichés par certains.

Dans un entretien à l'AFP, le président démissionnaire a déclaré que le CNS miné par les « divisions » et la rigidité de son fonctionnement n'a pas été « à la hauteur des sacrifices du peuple syrien ».

« J'ai pensé à cette démission pour obliger notre conseil à changer de structure, à aller de l'avant, à intégrer d'autres éléments et à amender ses statuts, de sorte qu'il devienne démocratique », a-t-il expliqué.

Sur le fonctionnement du CNS, M. Ghalioun estime que la « règle du consensus » entre les différentes factions est à l'origine de l'inertie de l'organisme. Selon lui, le CNS devrait être régi sur la base de « l'élection ».

M. Ghalioun estime que le CNS a péché en ne réussissant pas à faire entrer les jeunes qui organisent le soulèvement en Syrie dans l'organisme.

Islamistes versus laïques

Les clivages entre islamistes et laïques au sein du CNS constituent un autre problème, selon M. Ghalioun.

« J'ai présenté ma démission justement pour dire que cette voie de la division entre islamistes et laïques ne marche pas et je pense que c'est le régime syrien qui a gagné, puisqu'il a, dès le début, essayé de jouer sur cette division », a-t-il affirmé.

Selon lui, ces deux courants « menacent de couper les rangs de la révolution entre deux ailes qui, au lieu de coopérer, risquent de s'affronter avant même de gagner ».

M. Ghalioun réfute toutefois les accusations selon lesquelles le CNS ne représente pas les opposants de l'intérieur.

Il a indiqué que le mécontentement de l'opposition de l'intérieur est né d'une frustration. Selon lui, les rebelles croyaient que le CNS, tout comme le CNT libyen, allait aider à une intervention étrangère, mais « le cas libyen n'est pas le cas syrien, ça n'a pas marché », a-t-il conclu.

Par ailleurs, une équipe d'enquêteurs de l'ONU, différente celle des observateurs qui sont actuellement sur place, établit que le régime syrien est responsable de « la plupart des violations graves des droits de l'homme » dans ce pays, mais elle accuse également la rébellion de commettre des abus.

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