L'OTAN transférera aux forces afghanes la responsabilité des opérations de combat à la mi-2013, ont convenu lundi les chefs d'État et de gouvernement de l'Alliance atlantique, réunis à Chicago.
Le président américain Barack Obama a assuré que la communauté internationale soutiendrait l'Afghanistan jusqu'en 2013, date qui marquera le transfert des responsabilités de la sécurité de l'OTAN aux Afghans.
« Au moment où les Afghans sont appelés à prendre plus de responsabilités, ils ne seront pas abandonnés », a déclaré Barack Obama devant ses homologues, dont le président afghan Hamid Karzaï.
Entre la mi-2013 et la fin 2014, les troupes de l'OTAN demeureront dans le pays pour soutenir les Afghans avant de réduire les contingents internationaux « graduellement et de manière responsable », précise la déclaration. Le texte mentionne par ailleurs que cette mission de formation et de conseil des forces afghanes « ne sera pas une mission de combat ».
La déclaration de l'OTAN confirme le calendrier fixé au précédent sommet de Lisbonne, en 2010.
L'avenir de la mission militaire en Afghanistan et la défense antimissile ont dominé l'ordre du jour de la rencontre à laquelle ont pris part une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, dont le premier ministre du Canada Stephen Harper.
Pas de soldats canadiens après 2014
M. Harper a confirmé son engagement de rapatrier les derniers militaires canadiens en Afghanistan avant la fin de 2014. Le Canada a retiré ses troupes de combats l'été dernier, mais 950 militaires doivent rester sur place jusqu'en 2014 pour former les forces de sécurité afghanes.
Le premier ministre s'est cependant engagé à apporter une contribution financière aux forces de sécurité afghanes de 110 millions sur trois ans à compter de 2015. Elles disent avoir besoin de 4,1 milliards de dollars par an pour assurer seules la sécurité du pays.
« Même si notre mission militaire prend fin, quand même, nous voulons nous assurer que la sécurité de l'Afghanistan ne va pas devenir encore une menace à la sécurité mondiale », a déclaré M. Harper.
Les dirigeants réunis à Chicago ont aussi appelé le Pakistan à rouvrir les routes de ravitaillement pour les convois de l'alliance militaire en Afghanistan « dès que possible ». La réouverture de ces voies stratégiques est dans l'impasse en raison du coût du péage exigé par le Pakistan, jugé « inacceptable » par les États-Unis.
Le prix du droit de passage demandé s'élèverait, selon plusieurs médias américains, à 5000 $ par conteneur, soit 30 fois qu'avant la fermeture des routes.
Le Pakistan interdit le passage des convois routiers de l'OTAN depuis six mois sur son territoire, en guise de représailles à la mort de 24 soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines.
La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a rencontré en marge du sommet, dimanche, le président pakistanais Asif Ali Zardari afin de trouver une solution au problème.