Dominique Strauss-Kahn à Paris, le 8 septembre 2011
Photo : AFP/MICHEL GANGNE
Dominique Strauss-Kahn a déposé plainte pour fausses déclarations, diffamation et procédure abusive contre la femme de chambre guinéenne Nafissatou Diallo qui l'avait accusé d'agression sexuelle au Sofitel de New York il y a un an.
Selon la plainte déposée lundi devant le tribunal du Bronx, l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) lui réclame 1 million de dollars, l'accusant d'avoir « en toute connaissance de cause et intentionnellement fait de fausses déclarations aux forces de l'ordre » et d'avoir ainsi porté atteinte à sa réputation dans le monde, lui faisant perdre « d'autres perspectives professionnelles ».
Dans les documents de justice cités dans un premier temps par le New York Post sur son site Internet, Dominique Strauss-Kahn rappelle qu'il était au moment des faits « considéré par certains comme le prochain président français ».
La plainte affirme que la relation sexuelle qu'il a eue le 14 mai 2011 avec Nafissatou Diallo était « mutuellement consentie », sans « violence ni contrainte », et précise que cette dernière n'avait pas été blessée.
« Avec l'aide du personnel du Sofitel », une heure après cette relation sexuelle, Nafissatou Diallo a faussement déclaré à la police que M. Strauss-Kahn l'avait agressée sexuellement « alors qu'elle savait que c'était faux », précise également la plainte.
La jeune femme avait alors affirmé avoir été contrainte à faire une fellation.
Dominique Strauss-Kahn rappelle dans sa plainte qu'il a été ensuite arrêté, puis « soumis à une fouille dégradante et humiliante; photographié nu; et forcé de fournir des échantillons pour l'enquête ».
La plainte accuse aussi la femme de chambre de 33 ans d'avoir « falsifié des éléments » et rappelle que M. Strauss-Kahn avait dû démissionner de ses fonctions de directeur général du FMI.
Nafissatou Diallo a porté plainte au civil le 8 août, plainte qui est toujours en cours devant un tribunal du Bronx. Le juge Douglas McKeon a en effet refusé son classement le 1er mai, rejetant l'argument selon lequel M. Dominique Strauss-Kahn bénéficiait à l'époque d'une immunité diplomatique.
Sa plainte au pénal a en revanche été abandonnée en août.
La défense de la femme de chambre a affirmé que la plainte déposée lundi par Dominique Strauss-Kahn n'était qu'un « stratagème désespéré ».
L'ex-directeur général du FMI est par ailleurs mis en examen à Lille, dans le nord de la France, pour proxénétisme aggravé en bande organisée et placé sous contrôle judiciaire dans l'affaire dite du Carlton.