Aung San Suu Kyi au Parlement

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le reportage de Raymond St-Pierre

L'opposante de longue date à la junte militaire birmane et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a finalement prêté serment pour faire son entrée au Parlement.

La « Dame » a consenti, après quelques jours d'hésitations, à prêter serment et a promis de « sauvegarder » la Constitution.

Élue avec une forte majorité lors des élections législatives partielles du 1er avril dernier, Mme Suu Kyi refusait depuis la semaine dernière de prêter serment. Elle et ses 33 autres députés du parti de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) souhaitaient simplement s'engager à « respecter » la constitution de 2008.

Le texte de la Constitution, adoptée en 2008, octroie notamment 25 % des sièges des assemblées aux militaires.

« Je serai loyale à la République de l'Union de Birmanie et à ses habitants et tiendrai toujours en estime la non-désintégration de l'Union, la non-désintégration de la solidarité nationale et la perpétuation de la souveraineté », ont promis Mme Suu Kyi et les députés de la LND devant le président de la chambre basse, l'ancien général Shwe Mann.

L'opposante Suu Kyi est revenue sur sa décision de bouder l'assermentation, mardi, afin d'éviter une impasse avec le régime du président Thein Sein. « Nous avons toujours cru en la flexibilité dans le processus politique », a-t-elle déclaré mardi en présence de son invité le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. « C'est notre seul moyen d'atteindre nos objectifs sans violence. »

« Je pense que je peux servir les intérêts du peuple mieux qu'avant. » — Aung San Suu Kyi

La décision de boycotter le Parlement était le premier signe de discorde avec le pouvoir depuis son élection et sa décision de prêter serment est son premier choix politique majeur à titre de députée. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué la décision de Mme Suu Kyi et a souligné sa « flexibilité ».

« C'est un évènement important pour l'avenir de la Birmanie », s'est félicitée pour sa part la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, plaidant depuis Pékin mercredi pour « une véritable transition vers une démocratie, avec plusieurs partis, conduisant à des élections générales en 2015 ».

Lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi est entrée en politique en 1988 devenant rapidement l'une des dissidentes les plus connues de la planète. Le départ de la junte militaire du pouvoir, il y a un an, lui a permis de réintégrer l'arène politique. La junte militaire a été remplacée par un régime qui se prétend civil, mais qui est dirigé par d'anciens militaires réformateurs.

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