Le monde arabe en mutation

Syrie : les bombardements de l'armée se poursuivent

Bombardements de l'armée syrienne à Homs Bombardements de l'armée syrienne à Homs  Photo :  AP/Shaam News Network via AP video

Le régime syrien a multiplié les tirs d'artillerie sur des bastions de l'opposition, mardi, signe que le cessez-le-feu négocié par l'ONU se désagrège rapidement malgré la présence d'observateurs étrangers, ont déclaré des militants.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé à l'Union européenne de fournir des hélicoptères et des avions aux observateurs compte tenu de la poursuite des violences et des longs trajets qu'ils devront effectuer en Syrie.

La trêve s'inscrit dans un plan de sortie de crise international qui vise à ouvrir des négociations entre le président syrien, Bachar Al-Assad, et l'opposition qui veut le renverser. Mais le régime ne s'est que partiellement conformé aux termes de l'accord, et la plus récente escalade de la violence fait craindre que le plan de l'émissaire Kofi Annan ne fonctionne pas.

Les violences ont diminué depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu jeudi dernier, mais le régime a graduellement repris ses attaques. Le nombre de personnes tuées chaque jour a recommencé à augmenter après une brève accalmie ayant suivi l'entrée en vigueur de la trêve.

Plus de 9000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad, en mars 2011, selon un bilan établi par les Nations unies.

Assauts multiples

Dans le sud du pays, des chars ont bombardé mardi la ville de Busra Al-Harir, tuant au moins deux personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). La ville, située à environ 70 kilomètres de la capitale, Damas, est un bastion de l'Armée syrienne libre, un regroupement de déserteurs de l'armée.

Un militant de la région, Adel Al-Omari, a déclaré que les troupes bombardaient Busra Al-Harir et la région avoisinante de Lajat depuis lundi. Il a précisé que les tirs s'intensifiaient et que plusieurs résidents fuyaient la ville vers les villages voisins ou la Jordanie.

Dans une vidéo mise en ligne mardi par des militants, on peut voir l'intérieur d'une maison de Busra al-Harir dont les vitres sont fracassées et dont les murs sont troués d'éclats d'obus.

Les forces gouvernementales ont aussi pilonné les quartiers de Khaldiyeh et de Bayada à Homs, dans une apparente tentative de reprendre le contrôle de ces zones rebelles, selon l'OSDH, une organisation basée à Londres.

Pas de répit pour Homs

La ville de Homs, dans le centre du pays, fait face à un assaut continu des forces de sécurité depuis environ un mois, sauf une brève pause après l'entrée en vigueur de la trêve. Dans une vidéo amateur de six minutes mise en ligne mardi, on peut entendre des obus tomber sur la ville à intervalle de quelques secondes. De la fumée noire ou grise s'élève de plusieurs endroits en même temps et recouvre totalement la caméra à certains moments.

Une autre vidéo affirme montrer le corps d'un militant dans une rue pleine de débris du quartier de Bab Al-Dreib, toujours à Homs. Le narrateur affirme que personne n'a pu récupérer le corps depuis plusieurs jours à cause des tireurs embusqués présents dans le quartier.

L'OSDH a aussi rapporté des tirs de mortier dans deux régions de la province d'Idlib. Lundi, dix personnes ont été tuées dans la capitale de la province lors d'un long affrontement entre les forces gouvernementales et des combattants rebelles.

Au moins 26 personnes ont été tuées en Syrie lundi, selon l'OSDH. Un autre groupe militant, les Comités locaux de coordination, ont rapporté 55 morts lundi, dont 26 à Idlib. Les deux organisations n'étaient pas en mesure de donner un bilan pour la journée de mardi.

Une équipe préliminaire de l'ONU composée de six membres est arrivée à Damas le week-end dernier pour surveiller le cessez-le-feu. Selon les responsables de l'ONU, l'équipe tente présentement de déterminer où elle se rendra et qui elle rencontrera.

Une précédente mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie avait été entravée par les restrictions de déplacements imposées par le régime. Le chef de la mission d'observation de l'ONU, le colonel marocain Ahmed Himmiche, a indiqué qu'il faudrait du temps avant que son équipe se rende dans les régions les plus touchées par les violences.

Travailler en Syrie est « difficile », a dit le colonel Himmiche à Damas. « Il doit y avoir de la coordination et de la planification [...] Nous devons y aller étape par étape, et ce n'est pas un processus facile. »

Associated Press

Dénoncer la vente d'armes à la Syrie

Réunis à Paris, une cinquantaine de pays et d'organisations, dont l'Union européenne, les États-Unis, le Canada, la Ligue arabe et la Turquie, ont exprimé leur « ferme désapprobation de tout soutien financier ou autre, et en particulier la poursuite des ventes d'armes au régime syrien », dont la Russie est le principal fournisseur d'armes.

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a plaidé à l'occasion pour un renforcement des sanctions contre Damas.

Source : AFP

En complément

  • le monde arabe en mutation
    dossier -  Le monde arabe en mutation Nouvelles et contenus en profondeur sur les bouleversements dans le monde arabe.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook