Corée du Nord : protestations internationales contre le lancement d'une fusée

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Un soldat nord-coréen monte la garde à proximité de la fusée Unha-3. Un soldat nord-coréen monte la garde à proximité de la fusée Unha-3.  Photo :  AFP/PEDRO UGARTE

Malgré les mises en garde de la communauté internationale, la Corée du Nord a annoncé mardi avoir achevé les préparatifs en vue du lancement de ce qu'elle présente comme une fusée destinée à mettre sur orbite un satellite d'observation.

« Nous devrions achever l'assemblage aujourd'hui », a déclaré le directeur adjoint du département du développement spatial au comité spatial nord-coréen, Ryu Kum-chol. « Nous avons déjà annoncé que le lancement aurait lieu entre le 12 et le 16 avril, nous avons déjà informé les organisations internationales et nous suivrons le calendrier prévu », a-t-il ajouté.

Le lancement de la fusée doit coïncider avec les célébrations du 100e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur de la dynastie communiste en place à Pyongyang, mort en 1994.

Les États-Unis, tout comme leurs alliés sud-coréens et japonais, accusent la Corée du Nord de préparer, en réalité, un essai de missile balistique. Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a jugé que ce tir de fusée constituerait une « grave provocation ».

« Le Conseil [de sécurité de l'ONU] devra se réunir et répondre de manière crédible » si la Corée du Nord persiste dans son intention de lancer un satellite, a déclaré pour sa part l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice. « Il est évident que tout lancement par la Corée du Nord utilisant une technologie balistique, ce qui est le cas, serait une violation flagrante des résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité », a-t-elle ajouté.

À Séoul, des responsables de la sécurité s'appuyant sur des images satellites sont convaincus que la Corée du Nord prépare un troisième essai nucléaire, après ceux de 2006 et de 2009.

La Russie a aussi condamné ce projet qui témoigne, selon Moscou, d'un « mépris » pour les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. La résolution 1874 adoptée en 2009 par le Conseil de sécurité exige que Pyongyang « ne procède à aucun nouvel essai nucléaire ou tir recourant à la technologie des missiles balistiques ».

Ryu Kum-chol a quant à lui rejeté les résolutions de l'ONU condamnant son pays. « Nous n'avons pas reconnu ces résolutions qui violent notre souveraineté », a déclaré le directeur adjoint du département du développement spatial au comité spatial nord-coréen.

« Le droit d'avoir un satellite est un droit universel de chaque nation sur cette planète », a dit le haut fonctionnaire nord-coréen. « Le poids de notre satellite est de 100 kilos. Si c'était une arme, une charge de 100 kilos ne produirait pas beaucoup d'effet », a-t-il ajouté.

Le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un, le 15 mars 2012, alors qu'il annonce du lancement d'un satellite d'observation. Le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un, le 15 mars 2012, lors de l'annonce le lancement d'un satellite d'observation.  Photo :  AFP/KCNA

La Chine, seule véritable alliée de Pyongyang, a pour sa part appelé « les parties concernées » à faire preuve de « retenue », après avoir été exhortée par les États-Unis à faire pression sur son voisin.

« Nous appelons les parties concernées à rester calmes, à faire preuve de retenue et à éviter l'escalade des tensions dans la péninsule coréenne. » — Liu Weimin, porte-parole de la diplomatie chinoise
La fusée Unha-3, haute de 30 mètres, doit mettre en orbite héliosynchrone à 500 km d'altitude le satellite Kwangmyongsong-3 (étoile brillante). Le satellite doté de 5 antennes et pourvu de panneaux solaires pour l'alimenter en électricité sera équipé d'une caméra d'une résolution au sol de 100 mètres. Pyongyang indique qu'il sera chargé de fournir des informations sur les récoltes, les forêts et les ressources naturelles de la Corée du Nord.

Après l'installation du satellite d'observation terrestre dans le 3e et dernier étage de la fusée Unha-3, la prochaine étape sera le remplissage de carburant à la base de lancement construite sur la péninsule de Cholsan, à 50 kilomètres environ de la frontière chinoise.

Espace aérien perturbé

Après son lancement, le premier étage de la fusée doit tomber en mer Jaune, à l'ouest de la péninsule coréenne, et le deuxième étage à l'est des Philippines, en survolant une partie des îles d'Okinawa, au sud du Japon.

Les armées sud-coréenne et nippone ont été mises en alerte et menacent d'abattre le lanceur s'il dévie de sa route.

En outre, les compagnies aériennes asiatiques ont dû modifier leurs plans de vol pour éviter la trajectoire de la fusée. Les autorités maritimes japonaises et sud-coréennes ont aussi décidé d'émettre des avertissements aux navires croisant dans la zone, afin de les mettre en garde contre la chute d'éventuels débris du tir nord-coréen.

La Corée du Nord n'a jamais réussi jusqu'à présent à mettre un satellite en orbite, malgré deux essais en 1998 et 2009.

Correspondants
à l’étranger

  • Joyce Napier
    Joyce Napier

    Vidéo -  Tornade à Moore : les secouristes persévèrent

  • Anyck Béraud
    Anyck Béraud

    Audio -  Cours en anglais en France : un projet de loi qui suscite l'indignation

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  La tension monte entre la Syrie et Israël

Tous les correspondants

L'actualité en direct

    Facebook