Mort du dissident chinois Fang Lizhi

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Fang Lizhi, en 1988, devant une affiche d'Einstein Fang Lizhi, en 1988, devant une affiche d'Einstein  Photo :  Mark Avery

Le dissident chinois Fang Lizhi, une figure importante du mouvement de la place Tiananmen, en 1989, est décédé aux États-Unis, à l'âge de 76 ans. L'annonce de sa mort a été faite samedi par Wang Dan, l'un des dirigeants du mouvement étudiant de l'époque.

« C'est inspirés par lui que nous sommes allés manifester sur la place Tiananmen. » — Message de Wang Dan, dissident chinois sur Facebook

Fang Lizhi était un astrophysicien de renommée internationale qui avait été relevé de ses fonctions universitaires en Chine en raison de son combat pour la démocratie et les droits de l'homme. Il avait publiquement soutenu les manifestations pour la démocratie du printemps de Pékin.

Même s'ils n'ont pas joué de rôle public dans la révolte, Fang Lizhi et sa femme ont été accusés par le régime communiste de crimes contre-révolutionnaires, ce qui équivaut à la trahison.

Le couple s'était réfugié pendant un an à l'ambassade américaine à Pékin après la répression de la place Tiananmen. Le régime communiste avait fini par l'autoriser à partir en exil, en 1990.

Fang Lizhi travaillait ces dernières années comme professeur de physique à l'Université d'Arizona à Tucson.

Le massacre de Tiananman

Une foule d'étudiants se déverse place Tiananmen dans l'espoir de participer aux funérailles de l'ancien secrétaire général du Parti communiste et réformateur, Hu Yaobang, le 22 avril 1989 Une foule d'étudiants se déverse place Tiananmen dans l'espoir de participer aux funérailles de l'ancien secrétaire général du Parti communiste et réformateur, Hu Yaobang, le 22 avril 1989  Photo :  AFP/CATHERINE HENRIETTE

Le printemps de Pékin débute le 18 avril 1989, lorsque des milliers d'étudiants se rassemblent à la place Tiananmen, à Pékin, pour rendre hommage à Hu Yaobang, ancien secrétaire du Parti communiste chinois et réformiste convaincu, qui vient de mourir. Dans les jours suivants, des manifestations étudiantes se propagent à Pékin et à Shanghai. Les jeunes demandent la démocratisation du régime et la fin de la corruption.

Le 20 mai, le gouvernement chinois décrète la loi martiale. Mais les étudiants tiennent tête à l'armée pendant plusieurs jours. L'image d'un jeune homme dressé devant un char d'assaut, qui essaie de le contourner sans l'écraser, fait le tour de la planète. Dans la nuit du 3 au 4 juin, l'armée lance une intervention à la place Tiananmen. Le bilan, selon les sources hospitalières, est de 1500 morts (la Croix-Rouge chinoise en rapporte 2600) et de 10 000 blessés. Le gouvernement de son côté avance le chiffre de 300 morts.

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