Présidentielles américaines 2012

Primaires : Romney conserve la tête, mais ses rivaux y croient toujours

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
La bataille n'est pas terminée, explique Joyce Napier

À l'issue d'un long bras de fer avec son plus sérieux rival, Mitt Romney a finalement remporté la primaire républicaine dans l'État de l'Ohio, le plus important État en jeu au super mardi.

L'ancien gouverneur du Massachusetts obtient 38 % des voix contre 37 % pour l'ultraconservateur Rick Santorum.

L'issue du vote a été très longue à se dessiner, les deux candidats s'étant engagés dans une lutte très serrée pour remporter l'Ohio, où 66 délégués étaient en jeu. En milieu de soirée, Rick Santorum semblait se diriger vers la victoire, mais Mitt Romney a finalement récolté 12 000 voix de plus que son rival.

« Je vais remporter cette investiture! » — Mitt Romney

Mitt Romney termine la soirée en remportant plus de la moitié des États qui étaient en jeu dans le cadre du super mardi. Il a gagné sans surprise les primaires au Massachusetts, en Virginie et au Vermont, selon les prévisions des médias américains.

La victoire est particulièrement écrasante au Massachusetts, l'État dont il a été gouverneur, où il obtennait environ 72 % des voix, selon les résultats préliminaires.

Il a également remporté les caucus de l'Idaho avec une large majorité. Les caucus de l'Alaska l'ont aussi donné vainqueur, mais son plus proche adversaire l'a tout de même talonné.

Rick Santorum remporte de son côté le Tennessee, l'Oklahoma et le Dakota du Nord.

Quant à Newt Gingrich, il a remporté la Georgie, selon les prévisions des médias, qui lui donnaient 47 % des voix.

Mitt Romney a donc raté l'occasion de s'imposer comme le seul candidat possible des républicains, évalue le New York Times. Selon la publication américaine, au lieu d'épurer la course, les élections de mardi ont donné à tous les candidats des raisons de poursuivre leur parcours.

Les médias américains le soulignent d'ailleurs mercredi matin. La chaîne Fox News et le Washington Post parlent tous deux d'une soirée « sans coup de grâce ».

« On a gagné dans l'Ouest, dans le Midwest et dans le Sud, maintenant nous sommes prêts à gagner partout à travers le pays! » — Rick Santorum

Le suspense de mardi

Les résultats des primaires et des caucus dans une dizaine d'États américains, où les électeurs vont simultanément aux urnes pour se prononcer sur leur choix d'un candidat en prévision de l'élection présidentielle de novembre prochain, sont rentrés petit à petit.

Le candidat Mitt Romney espérait pouvoir confirmer sa position de meneur après ses quatre récentes victoires en Arizona et au Michigan, au Wyoming et dans l'État de Washington.

S'adressant à ses partisans à Boston, au Massachusetts, Mitt Romney s'en est pris au président Barack Obama : « Vous n'avez pas échoué, vous avez un président qui a vous laissé tomber ». Il a promis du changement « quand » il sera président. « Nous n'aurons pas seulement gagné l'élection, mais sauvé l'avenir », a-t-il lancé.

De son côté, Rick Santorum s'est félicité d'avoir décroché des « médailles d'or », après ses victoires dans le Tennessee et l'Oklahoma, et a promis de poursuivre sur sa lancée à « travers tout le pays ».

« Ce soir est un grand soir, avec beaucoup d'États en jeu. Nous allons en gagner certains. Nous allons en perdre d'autres. Mais pour le moment, nous sommes partis pour décrocher au moins quelques médailles d'or et un beau paquet de médailles d'argent », s'est exclamé Rick Santorum devant ses partisans à Steubenville, en Ohio.

Galvanisé par ses résultats en Georgie, Newt Gingrich s'est quant à lui adressé à ses partisans à Atlanta, où il a affirmé sa détermination à remporter la course.

« Je suis la tortue de la course à l'investiture du Parti républicain », a-t-il dit, en faisant référence à la fable Le lièvre et la tortue de Jean de La Fontaine. « Si je ne pouvais remporter mon propre État de Georgie, je n'aurais aucune crédibilité ».

Il a par ailleurs fustigé les médias « élitistes » pour leur couverture durant la course, qu'il juge partiale.

Le cas Ron Paul

Toujours en quête d'un premier gain, Ron Paul avait de son côté indiqué qu'il consacrerait davantage d'énergie aux États qui ont opté pour des caucus et dans ceux qui tiennent des primaires où les délégués sont répartis de façon proportionnelle.

Il avait notamment ciblé les caucus de l'Idaho, qui pouvaient s'avérer les plus intéressants. C'est là qu'il avait enregistré ses meilleurs résultats lors de l'investiture républicaine de 2008. L'État compte une importante proportion de mormons, la religion de Mitt Romney, un facteur qui a finalement favorisé ce dernier.

Vous pouvez relire notre couverture en direct ci-dessous :

Dans la phase qui succède au super mardi, il ne s'agit plus pour les candidats de chercher à augmenter leur popularité, mais plutôt de gagner l'appui du plus grand nombre de délégués. À ce titre, Mitt Romney est en avance sur ses rivaux, et en est bien conscient : « On additionne présentement le nombre de délégués dont nous disposons, et les choses s'annoncent bien! », a lancé le politicien mardi soir.

Les 10 États qui faisaient l'objet d'une bataille électorale mardi soir enverront 437 délégués à la convention républicaine d'août prochain. Sur ces 437 délégués, 419 étaient en jeu, les autres (les gouverneurs des États, par exemple) n'étant pas liés aux résultats (quoique dans le cas des caucus, les résultats ne sont pas toujours contraignants non plus).

Avec 419 délégués à répartir, les 10 États en jeu fournissent plus du tiers des délégués qu'un candidat doit recueillir pour obtenir la nomination de son parti.

Le chiffre magique : 1144Le candidat qui remportera l'investiture du parti doit obtenir l'appui de 1144 des 2288 délégués en jeu. Mitt Romney, qui mène au chapitre des délégués, peut jusqu'à maintenant compter sur 404 délégués acquis, Rick Santorum, sur 165, Newt Gingrich, sur 106, et Ron Paul, sur 66.
Résultats préliminaires du super mardiOhio :
  • Mitt Romney : 38 %
  • Rick Santorum : 37 %

Idaho :
  • Mitt Romney : 62 %
  • Rick Santorum : 18 %
  • Ron Paul : 18 %

Massachusetts :
  • Mitt Romney : 72 %
  • Rick Santorum : 12 %
  • Ron Paul : 10 %

Vermont :
  • Mitt Romney : 40 %
  • Ron Paul : 25 %
  • Rick Santorum : 24 %

Virginie :
  • Mitt Romney : 60 %
  • Ron Paul : 40 %

Dakota du Nord :
  • Rick Santorum: 40 %
  • Ron Paul : 28 %
  • Mitt Romney : 24 %

Oklahoma :
  • Rick Santorum : 34 %
  • Mitt Romney : 28 %
  • Newt Gingrich : 27 %

Tennessee :
  • Rick Santorum : 37 %
  • Mitt Romney : 28 %
  • Newt Gingrich : 24 %

Georgie :
  • Newt Gingrich 47 %
  • Mitt Romney : 26 %
  • Rick Santorum : 20 %

    • Alaska :
      • Mitt Romney : 32 %
      • Rick Santorum : 29 %
      • Ron Paul : 24 %

Rick Santorum, Mitt Romney, Newt Gingrich et Ron Paul au cours du débat tenu à Charleston. Les quatre candidats toujours en lice - Rick Santorum, Mitt Romney, Newt Gingrich et Ron Paul - au cours d'un débat tenu le mois dernier  Photo :  AFP/EMMANUEL DUNAND
Complexe, vous dites, la mécanique électorale ? Les règles électorales varient d'un État à l'autre, ce qui rend le processus fort complexe. Certains États organisent des caucus, réservés aux militants et aux sympathisants du parti, tandis que la majorité préfère tenir une élection primaire, qui donne la voix aux électeurs.

Seuls les électeurs qui ont déterminé leur allégeance à une formation peuvent voter aux primaires dites fermées.

Les primaires ouvertes permettent au contraire à tous les électeurs de se prononcer. Comme les adeptes du parti adverse peuvent eux aussi y participer, on parle alors de cross over primaries. Si cette pratique ouvre la voie à un vote stratégique, elle reste marginale.

Enfin, les primaires semi-fermées s'adressent aux électeurs affiliés à un parti. Elles excluent ceux de partis adverses, mais autorisent les électeurs indépendants à voter.

La plupart des États allouent un certain nombre de délégués en fonction des votes recueillis par les candidats à l'échelle de l'État et une autre partie en fonction des votes obtenus dans chaque district.

Cette année, une minorité d'États allouent tous les délégués de l'État au candidat ayant recueilli le plus de voix, une méthode de répartition des votes appelée winner-takes-all. Aucun État du super mardi n'a adopté cette approche.

Dans la majorité des cas, les États répartissent leurs délégués de façon proportionnelle entre les candidats ayant reçu un seuil minimal de voix (qui varie d'un État à l'autre) ou encore ont recours à une forme de partage hybride, dont les règles varient d'un État à l'autre.

Lors d'une répartition hybride, le scénario habituel octroie à un candidat un nombre de délégués proportionnel aux résultats obtenus à l'échelle de l'État, mais opte pour la formule du « gagnant remporte tout » en ce qui concerne les délégués alloués en fonction des résultats obtenus dans les districts.

En tout, les 10 États qui votent mardi disposent de 437 délégués à la convention de l'été prochain. Toutefois, dans chaque État, une minorité de délégués - dits unpledged - n'ont pas à voter en fonction des résultats obtenus, en raison de leur statut au sein de la formation (un gouverneur par exemple). L'élection du 6 mars met en jeu 419 des 437 délégués.