À Herat, en Afghanistan, des manifestants traînent un homme blessé dans les protestations contre l'incinération d'exemplaires du Coran.
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AFP/Aref Karimi
Deux conseillers américains de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF) ont été tués samedi dans une fusillade survenue au ministère de l'Intérieur à Kaboul, un attentat revendiqué par les talibans qui affirment vouloir venger l'incinération d'exemplaires du Coran dans une base militaire américaine mardi.
« Lors d'un incident, deux de nos collègues internationaux ont été tués dans l'enceinte du ministère », a expliqué le ministère de l'Intérieur afghan dans un communiqué.
L'ISAF, la force de l'OTAN en Afghanistan, a pour sa part affirmé par voie de communiqué qu'un individu a « retourné son arme » contre des membres de son service à Kaboul, en tuant deux d'entre eux.
Le général John Allen, qui dirige l'ISAF, a annoncé après l'incident qu'il rappelait le personnel travaillant dans les ministères afghans. « Pour des raisons de protection évidentes, j'ai pris des mesures immédiates pour rappeler tout le personnel de l'ISAF travaillant dans les ministères » à Kaboul et à l'extérieur de la capitale, a-t-il déclaré.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a de son côté annoncé le retrait temporaire de ses conseillers rattachés aux organisations gouvernementales à Kaboul.
Le Pentagone a condamné le meurtre « inacceptable », appelant les autorités de Kaboul à mieux protéger les forces de la coalition internationale sur le terrain.
Près de 1000 Canadiens travaillent avec l'ISAF en Afghanistan.
Manifestations anti-américaines
Cette fusillade survient alors que des manifestations anti-américaines se poursuivent dans plusieurs provinces du pays, pour une cinquième journée, à la suite de la destruction d'exemplaires du Coran. À Kunduz, au nord du pays, quatre assaillants ont été tués et 56 personnes ont été blessées dans l'attaque d'un complexe de l'ONU.
Vendredi, la journée la plus meurtrière depuis le début des manifestations, 12 personnes ont été tuées, portant à 23 le nombre de morts depuis le début des violences.
Dans une lettre d'excuses adressée à Hamid Karzaï, le président américain Barack Obama a expliqué la veille que la profanation du Coran n'était pas intentionnelle.
Les autorités afghanes ont toutefois demandé que l'OTAN poursuive en justice les auteurs de ce qu'elles considèrent comme des « profanations ».
La plupart des Occidentaux présents dans le pays ont observé un profil bas en restant confinés dans des complexes résidentiels fortifiés, en particulier dans l'ambassade des États-Unis et dans d'autres missions diplomatiques.
Répercussions au Pakistan
Dans la province pakistanaise du Baloutchistan, à la frontière avec l'Afghanistan, des militants ont été photographiés brûlant des effigies de l'OTAN et du président américain Barack Obama. Ils ont fermement condamné l'incinération d'exemplaires du Coran.
À Lahore, près de la frontière indienne, des étudiants ont scandé des slogans anti-américains au cours d'une manifestation, samedi.
Des militants brûlent une effigie de l'OTAN à Quetta, au Pakistan, près de la frontière avec l'Afghanistan (25 février 2012).
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AFP/BANARAS KHAN