La production d'uranium enrichi s'accélère en Iran, selon l'AIEA

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Le site d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran Le site d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran   © PC/AP/Vahid Salemi

L'Iran a fortement accéléré sa production d'uranium enrichi depuis quatre mois, d'après un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) publié vendredi.

L'organisation intergouvernementale évalue que la République islamique possède maintenant près de 110 kg d'uranium enrichi à 20 %. L'uranium contenu dans les armes nucléaires de qualité est généralement enrichi à plus de 85 %.

L'AIEA fait état d'un développement des activités à Natanz, principal site d'enrichissement d'uranium du pays, et indique que les autorités auraient l'intention d'augmenter la capacité d'enrichissement du site souterrain de Fordo.

À Natanz, 52 « cascades » de centrifugeuses sont désormais en fonction, contre 37 en novembre. À Fordo, 700 centrifugeuses seraient opérationnelles à une profondeur de 80 mètres sous la terre. À l'abri d'éventuelles frappes aériennes, ce site pose particulièrement problème aux Occidentaux.

« L'Agence continue d'avoir de sérieuses inquiétudes quant aux possibles dimensions militaires du programme nucléaire de l'Iran », peut-on lire dans ce rapport rendu public après l'échec d'une mission de ses inspecteurs menée en début de semaine. Téhéran a toutefois réaffirmé que ces craintes ne sont pas fondées, ajoute le document.

Si l'Iran soutient que son programme se limite aux aspects civils du nucléaire, les puissances occidentales et Israël mettent en doute ses intentions. Ils soupçonnent la République islamique de vouloir développer des armes nucléaires. Israël croit même son existence menacée.

L'Allemagne « préoccupée »

L'Allemagne, qui fait partie des pays impliqués de longue date dans la recherche d'une solution au conflit, s'est dite « très préoccupée » par les conclusions de l'AIEA. « L'Iran devrait comprendre que c'est lui qui détient la clef permettant la levée des sanctions le visant », a déclaré le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle.

Mercredi, Washington avait jugé que l'échec de la mission de l'AIEA en Iran témoignait du refus de Téhéran de répondre à ses obligations internationales.

De son côté, le premier ministre russe Vladimir Poutine a dit redouter que des États prétextent des craintes au sujet du programme nucléaire iranien pour tenter de provoquer un « changement de régime » dans la République islamique.

« Sous l'apparence d'une lutte menée pour éviter la prolifération des armes nucléaires par l'entrée d'un nouveau membre potentiel dans le club nucléaire, à savoir l'Iran, des initiatives d'un genre différent sont menées et d'autres objectifs sont fixés : changer le régime », a-t-il affirmé vendredi.

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