Afghanistan : Barack Obama présente des excuses

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Manifestation anti-américaine visant à protester contre l'autodafé d'exemplaires du Coran à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, le 22 février 2012. Manifestation anti-américaine visant à protester contre l'autodafé d'exemplaires du Coran à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, le 22 février 2012.   © AFP/Noorullah Shirzada

Le président américain Barack Obama a présenté ses excuses au président Hamid Karzaï et au peuple afghan après que des militaires américains eurent brûlé des exemplaires du Coran sur la base de Bagram, lundi.

Le président Obama écrit que la profanation n'était pas intentionnelle et qu'une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur cet incident. Il a promis qu'une pareille erreur ne se reproduirait plus.

Notre envoyé spécial à Washington, Michel C. Auger, a précisé que la lettre du président Obama a été remise au président Karzaï en main propre par une délégation de haut rang composée de l'ambassadeur américain, du général John Allen et du sous-ministre américain de la Défense.

Sur le terrain, l'autodafé a des conséquences meurtrières. Un militaire afghan a retourné son arme et tué deux soldats de l'OTAN jeudi. Les manifestations antiaméricaines se poursuivent partout dans le pays. Elles ont fait 14 morts depuis mardi, incluant les deux soldats.

La colère afghane se nourrit de l'appel des talibans à se venger en attaquant les forces étrangères.

« Notre peuple courageux doit cibler les bases militaires des forces occupantes, leurs convois militaires. [Les Afghans] doivent tuer [les Occidentaux], les frapper, les capturer pour leur passer l'envie d'oser à nouveau profaner le livre sacré », a déclaré le porte-parole des talibans Zabihullah Muhajid, par voie de communiqué.

Plus de 600 personnes ont scandé « mort à l'Amérique » dans les rues de Mihtarlam, capitale de la province de Laghman, à l'est de Kaboul. Quelque 300 étudiants ont également manifesté à Jalalabad, dans l'est du pays, où est située une autre importante base militaire américaine de l'ISAF.

Dans la capitale, des centaines de jeunes afghans ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en tirant des coups de feu en l'air pour tenter de disperser la foule.

Le Coran brûlé

Selon les autorités afghanes et des employés afghans, des exemplaires du Coran ont été brûlés dans la nuit de lundi à mardi à l'intérieur de la base américaine de Bagram, à 60 km au nord-est de Kaboul. Des responsables américains ont affirmé qu'ils avaient été incinérés parce qu'ils servaient à dissimuler des messages entre des prisonniers afghans.

Le commandant en chef de l'ISAF a rapidement ordonné l'ouverture d'une enquête et présenté ses excuses au président et au peuple afghan.

Plus de 2000 Afghans ont tout de même manifesté mardi devant la base américaine et au moins neuf manifestants ont été tués mercredi dans des émeutes antiaméricaines à Kaboul, à Jalalabad et dans la province de Parwan. Plus d'une trentaine d'autres ont été blessés par les balles des policiers ou des militaires.

Les violences ont obligé le président Hamid Karzaï à lancer un appel au calme. Le ministère de l'Intérieur a pour sa part accusé les « gardes étrangers de Camp Phoenix », une base américaine de l'OTAN qui avait été visée par les pierres des manifestants, d'avoir tué l'un d'eux.

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