Sénégal : des membres d'un mouvement de jeunes contestataires comparaissent

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Un des leaders du mouvement « Y'en a marre », le rappeur Kilifeu, s'apprête à comparaître au palais de justice de Dakar, le 22 février. Un des leaders du mouvement « Y'en a marre », le rappeur Kilifeu, s'apprête à comparaître au palais de justice de Dakar, le 22 février.   © AFP/SEYLLOU

Des membres du mouvement de jeunes sénégalais « Y'en a marre » ont comparu mercredi à Dakar et plaidé non coupables de « participation à une manifestation interdite », tandis qu'un petit rassemblement d'opposants également interdit s'est déroulé contre le président Abdoulaye Wade.

Sept membres du collectif Y'en a marre, fondé par des rappeurs, ont comparu pour avoir voulu organiser, malgré une interdiction, un sit-in permanent à partir du 16 février sur la place de l'Obélisque à Dakar jusqu'au retrait de la candidature du chef de l'État.

Quatre ont plaidé non coupables, mais le procureur a requis six mois de prison avec sursis. Le jugement a été mis en délibéré au 27 février.

L'Union européenne (UE) et les États-Unis ont appelé mercredi le gouvernement sénégalais à respecter le droit de manifester pacifiquement et à éviter de recourir à la force. Les manifestations à caractère politique sont interdites dans le centre de Dakar depuis juillet 2011.

Le Mouvement du 23 juin (M23), qui rassemble opposition politique et groupes de la société civile, avait appelé à un nouveau rassemblement mercredi sur la place de l'Indépendance, dont tous les accès avaient été fermés.

Seules quelques dizaines de personnes sont venues sur une avenue proche, barrée par la police, a constaté l'AFP. Trois candidats d'opposition à la présidentielle, Idrissa Seck, ex-premier ministre de M. Wade, Ibrahima Fall et Cheikh Bamba Dièye, étaient également présents.

« Nous n'avons pas d'armes, nous sommes mains nues face à l'arbitraire et nous ne voulons pas que la démocratie soit écornée, c'est notre seul combat », a déclaré Idrissa Seck à des journalistes.

Les dernières tentatives du M23 se sont soldées par des violences entre manifestants et policiers, qui ont fait deux morts depuis le 17 février.

Au moins six personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées ou arrêtées depuis la fin janvier dans tout le Sénégal lors de violences.

Les manifestants protestent contre la décision du Conseil constitutionnel du Sénégal de permettre au président sortant de briguer un troisième mandat au scrutin du 26 février, qualifiant la situation de « coup d'État constitutionnel ».

Youssou N'Dour blessé lors de manifestations

Mardi, le célèbre chanteur Youssou N'Dour, dont la candidature à la présidentielle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, a été légèrement blessé à la jambe alors que, entouré de centaines de jeunes, il s'approchait des policiers qui lui barraient le passage.

C'est dans ce contexte que l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo est arrivé mardi à Dakar pour diriger la mission des observateurs de l'Union africaine (UA) à la présidentielle, ce qui n'exclut pas qu'il joue un rôle de « médiateur » pour tenter de faire baisser les tensions.

Mercredi, il a commencé à rencontrer des candidats d'opposition, parmi lesquels Idrissa Seck et un autre ex-premier ministre de M. Wade, Moustapha Niasse, ainsi que des leaders de Y'en a marre. Aucune indication n'a été donnée sur une rencontre avec le président Wade.

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