Des manifestants afghans brûlent une effigie de Barack Obama en scandant des slogans anti-américains à Jalalabad, le 22 février 2012.
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AFP/Noorullah Shirzada
Des centaines d'Afghans ont manifesté pour une deuxième journée consécutive, mercredi, dans les rues de Kaboul et de Jalalabad pour protester contre l'autodafé d'exemplaires du Coran par des soldats étrangers.
En plus d'une trentaine de blessés par balle, au moins sept personnes auraient été tuées, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur : quatre personnes dans la province de Parwan lors d'une manifestation, deux autres dans la province de Logar et à Jalalabad, dans l'est du pays, ainsi qu'un autre homme abattu par des gardes devant la base de Bagram.
À Jalalabad, un millier d'étudiants ont bloqué les principaux axes routiers de la ville, scandant « mort aux Américains », « mort à Obama » et « mort aux croisés ». Plusieurs ont été blessés.
Dans la capitale, environ 500 contestataires se sont rassemblés près du parlement ainsi qu'à proximité des installations des forces de l'OTAN. Les protestataires ont scandé « mort aux étrangers » et ont lancé des pierres en direction des installations de l'OTAN.
Des voitures ont été incendiées et une dizaine de personnes ont dû être hospitalisées. « Tous souffraient de blessures par balle et ont été blessés pendant la manifestation », a déclaré un responsable sous le couvert de l'anonymat, cité par l'AFP, alors que les autorités policières afghanes se défendent d'avoir tiré sur la foule.
Une unité de la police antiémeute a pris la fuite après avoir été attaquée. Des soldats américains de Camp Phoenix, une base américaine dans la région de la capitale, ont de leur côté tiré des coups de feu en l'air pour tenter de disperser la foule.
L'ambassade des États-Unis à Kaboul a par ailleurs été fermée. « Tous les déplacements sont suspendus. Que chacun demeure en sécurité », a affiché le compte officiel Twitter de l'ambassade.
Une enquête et des excuses
Selon les autorités afghanes et des employés afghans, des exemplaires du Coran ont été brûlés dans la nuit de lundi à mardi à l'intérieur de la base américaine de Bagram, au nord de Kaboul.
Mis au fait de l'autodafé mardi, plus de 2000 Afghans ont manifesté devant la base militaire américaine, certains tirant des coups de feu en l'air.
Le général américain John Allen, commandant en chef de la force internationale de l'OTAN (ISAF), a rapidement ordonné l'ouverture d'une enquête et présenté ses excuses au président et au peuple afghan.
À Washington, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, s'est aussi excusé et a confirmé que des soldats américains s'étaient « débarrassés » d'exemplaires du Coran de façon « inconvenante ».
D'autres responsables américains ont affirmé qu'ils avaient été brûlés parce qu'ils servaient à dissimuler des messages entre des prisonniers afghans.