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Les Yéménites élisent leur nouveau président

Mise à jour le mardi 21 février 2012 à 22 h 59 HAE

Les Yéménites élisent leur nouveau président

Une Yéménite présente le bulletin de vote ne proposant qu'un seul candidat pour remplacer le président sortant Ali Abdallah Saleh.

Photo: AFP/MOHAMMED HUWAIS

Une Yéménite présente le bulletin de vote ne proposant qu'un seul candidat pour remplacer le président sortant Ali Abdallah Saleh.

Plus de 12 millions de Yéménites se sont rendus aux urnes mardi pour désigner le successeur du président sortant Ali Abdallah Saleh, sur fond de violences électorales ayant fait 10 morts dans le sud du pays.

Il s'agissait d'un vote symbolique, puisque le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi était le seul candidat en lice pour succéder au président sortant.

L'élection présidentielle s'est tenue en vertu d'un accord de transition négocié par les monarchies arabes du Golfe, selon lequel M. Saleh devait accepter de céder le pouvoir en échange d'une immunité pour lui et les siens. Il a été le premier dirigeant arabe à négocier son départ après 33 ans de règne.

Le mandat de M. Hadi, originaire du Sud, a été fixé à deux ans. L'homme de 66 ans a promis de s'occuper des problèmes du Nord et du Sud et de sévir contre Al-Qaïda, dont la présence ne cesse de se faire sentir dans le pays. Le résultat officiel de l'élection est attendu dans deux ou trois jours.

De son côté, Washington a qualifié le déroulement du scrutin « d'encourageant » et a tenu à féliciter les Yéménites. « Nous nous tiendrons à leurs côtés au cours des prochaines étapes », a déclaré la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland.

Les rebelles chiites du Nord du Yémen protestent contre la tenue de l'élection présidentielle le 21 février 2012 dans la province de Saada.

Photo: AFP/AL-HUTHI GROUP

Les rebelles chiites du Nord du Yémen protestent contre la tenue de l'élection présidentielle le 21 février 2012 dans la province de Saada.

Dix morts dans les violences

Même si les principaux mouvements politiques la soutiennent, l'élection présidentielle est boycottée par les autonomistes sudistes et les rebelles chiites du Nord du Yémen. L'aile dure du Mouvement sudiste conduite par l'ancien vice-président Ali Salem al-Baid, qui vit en exil, a invité ses partisans à empêcher le déroulement du scrutin, au risque de provoquer des actes de violence.

Répondant à cet appel de « désobéissance civile », des activistes ont incendié mardi un bureau de vote de Moukalla, au sud du Yémen, tuant un soldat. Deux assaillants ont également été blessés par balle lorsque les forces militaires ont riposté à l'attaque.

À Aden, dans le sud du pays, un enfant de 10 ans a été tué par une balle perdue lors d'un échange de tirs entre les militants sudistes et les forces gouvernementales. Un policier, deux militaires et trois civils ont également perdu la vie.

Un manifestant sudiste a subi le même sort à Lahaj, toujours dans le sud du Yémen. Un autre militant a été tué à al-Chihr, dans la province du Hadramout.

Des militants ont aussi installé des blocs de pierre et ont enflammé des pneus pour bloquer l'accès aux bureaux de scrutin dans les quartiers de Mansoura et Dar Saad. Des tirs nourris sont également entendus pour dissuader les Yéménites d'exercer le droit de vote.

La tension était montée au cours des derniers jours et les attaques contre les bureaux électoraux s'étaient multipliées. À la veille du scrutin, une explosion a endommagé un bureau de vote, et une fusillade a fait un mort et un blessé dans la ville d'Aden.

Le mouvement de contestation réclamant le départ du président, accusé de népotisme et de corruption, a débuté au début de 2011 et s'est inspiré des précédents tunisiens et égyptiens. Mais le spectre d'une guerre civile est loin d'avoir disparu.

Le Yémen vivait une situation politique très fragile avant même le début de ce soulèvement populaire. Une rébellion chiite couve dans le Nord, à la frontière avec l'Arabie saoudite, des tensions séparatistes existent dans le Sud et une filiale d'Al-Qaïda est active dans le pays.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

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