Des liens possibles entre les explosions de Bangkok et de New Delhi

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Des policiers thaïlandais inspectent l'endroit où deux explosions se sont produites mardi. Des policiers thaïlandais inspectent l'endroit où deux explosions se sont produites mardi.   © AFP/NICOLAS ASFOURI

Les enquêteurs thaïlandais croient avoir découvert un lien entre les bombes qui ont explosé mardi à Bangkok et celle utilisée lundi dans un attentat visant une voiture diplomatique israélienne à New Delhi, en Inde.

Selon le secrétaire du Conseil de sécurité nationale, Wichian Podphosri, les deux bombes aimantées étaient équipées d'un aimant similaire. Les autorités thaïlandaises, dit-il, tentent d'en établir la provenance.

Selon Wichian Podphosri, le matériel retrouvé par les enquêteurs laisse croire que les bombes étaient construites pour attaquer des individus, et non pas causer des dommages au milieu d'une foule ou endommager des immeubles.

Deux Iraniens ont été arrêtés relativement aux explosions de Bangkok. Ils devront répondre à quatre chefs d'accusation, dont tentative de meurtre et possession illégale d'explosifs. Un troisième suspect dans cette affaire a été arrêté mercredi en Malaysie.

Des explosions survenues dans des circonstances nébuleusesLes événements survenus mardi à Bangkok restent nébuleux. Une première bombe a explosé, peut-être accidentellement, dans une maison habitée par les trois présumés assaillants. Un second engin explosif a été lancé contre un taxi qui refusait d'embarquer l'un d'eux. Un troisième a été lancé en direction d'un policier, mais a fini par exploser près de l'un des accusés, Saïd Morati, qui a perdu une jambe sur le coup.

Une source des renseignements thaïlandais a pour sa part déclaré à l'AFP que les explosions de Bangkok étaient imputables à « une équipe d'assassins » composée de trois Iraniens, qui visaient « des diplomates israéliens, y compris l'ambassadeur ».

Le chef de la diplomatie thaïlandaise, Surapong Tovichakchaikul, refuse quant à lui d'évoquer un « acte terroriste ». Il concède cependant que la situation était « similaire » à celle de l'attaque de New Delhi.

Un lien avec l'attentat déjoué de Tbilissi

L'ambassadeur israélien en Thaïlande, Izthak Shoham, soutient pour sa part que les explosifs utilisés à Bangkok et à New Delhi ont aussi été utilisés à Tbilissi, dans une autre tentative d'attentat contre une voiture diplomatique israélienne, déjouée lundi par les autorités géorgiennes.

« Les explosifs semblent très similaires à ceux qui ont été utilisés en Inde et en Géorgie. Alors nous partons du principe que cela fait partie du même réseau », a déclaré M. Shoham à l'AFP. « Et, bien sûr, nous pensons que l'Iran est derrière ça. »

La bombe qui a explosé mardi à New Delhi a blessé la femme de l'attaché militaire israélien à l'ambassade. Son chauffeur et deux passants ont aussi été blessés. La police soutient que c'est un motocycliste qui a apposé la bombe sur la voiture à l'aide d'aimants.

Le ministère indien des Affaires étrangères reste prudent au sujet de cette affaire. « Le gouvernement indien n'a pas de preuve démontrant l'implication d'un individu, d'une entité d'une organisation ou d'un pays dans l'explosion de lundi », a dit un porte-parole.

Guerre de mots entre Israël et l'Iran

Le lien potentiel entre les attaques de New Delhi et de Bangkok pourrait accréditer la thèse d'Israël, qui accuse l'Iran d'être derrière cette affaire, et une autre attaque contre une voiture diplomatique israélienne déjouée lundi par les autorités géorgiennes à Tbilissi.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a fustigé la République islamique pour ces attaques. « L'Iran est le plus grand exportateur de terrorisme du monde et menace l'équilibre mondial. Aujourd'hui, les activités terroristes de l'Iran ont été révélées à tous », a-t-il déclaré au Parlement.

« La communauté internationale doit condamner de la façon la plus vive ses méfaits et fixer des limites aux agressions de ce pays, faute de quoi elles s'étendront encore », a ajouté le premier ministre d'Israël.

Téhéran dément avoir quoi que ce soit à se reprocher. Selon la télévision d'État iranienne, le ministre des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, soutiendrait même qu'Israël est responsable de ces attentats.

Les rumeurs d'une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes vont bon train depuis de nombreux mois dans l'État hébreu, et les événements des derniers jours contribuent sans contredit à faire augmenter la pression d'un cran.

Un lien avec des attentats contre des scientifiques iraniensEn janvier, le directeur d'une usine iranienne d'enrichissement d'uranium est mort dans une explosion. Il est devenu le cinquième scientifique engagé dans le programme nucléaire iranien à mourir en deux ans. Téhéran soutient qu'il est mort lorsqu'une bombe a été apposée sur sa voiture et accuse Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni de mener une campagne d'assassinats ciblés pour déstabiliser le programme nucléaire iranien.

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