![]() Mise à jour le lundi 13 février 2012 à 20 h 57 HAE Syrie : l'ONU évoque des crimes contre l'humanité
La déclaration de la haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, pourrait être un prélude à des poursuites par la Cour internationale de justice contre les dirigeants syriens. Comme ce fut le cas pour l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Lors d'une intervention devant l'Assemblée générale des Nations unies lundi, Mme Pilay a déclaré que « la nature et l'étendue des exactions perpétrées par les forces syriennes indiquent que des crimes contre l'humanité ont vraisemblablement été commis » depuis mars 2011. « Des informations indépendantes, crédibles et corroborées indiquent que ces exactions font partie d'une campagne large et systématique d'agression contre les civils », a-t-elle ajouté, estimant qu'elles étaient perpétrées avec « l'aval ou la complicité des autorités au plus haut niveau ». Elle s'est déclarée « particulièrement consternée » par les violences à Homs (centre de la Syrie). Citant des « informations crédibles », elle a estimé que plus de 300 personnes sont mortes dans cette ville au cours des dix derniers jours lors de bombardements aveugles de zones résidentielles. « La communauté internationale doit s'assurer que ces crimes sont sanctionnés », a martelé Mme Pillay, rappelant qu'elle avait « encouragé le Conseil de sécurité à saisir la Cour internationale de justice ». Lire aussi notre nouvelle sur la Syrie : Homs sous une pluie d'obus, la diplomatie piétine. Selon elle, son exposé devrait inciter le Conseil de sécurité à agir. Mme Pilay a estimé que le nombre de morts était supérieur à 5400, dont 400 enfants tués par les forces de sécurité. « Des dizaines de milliers de personnes, dont des enfants, ont été arrêtées, et plus de 18 000 sont toujours détenues arbitrairement », a-t-elle ajouté. Elle a fait également état de « nombreuses informations » sur des cas de viols en détention, « essentiellement commis sur des hommes et des garçons ». De son côté, le Croissant-Rouge syrien a affirmé déjà distribuer de l'aide médicale et alimentaire à des milliers de gens à Homs. La France contre une intervention étrangère Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a mis en garde lundi contre « toute intervention à caractère militaire extérieure », après la proposition de la Ligue arabe de déployer une force conjointe ONU-pays arabes en Syrie. « Nous pensons qu'aujourd'hui toute intervention à caractère militaire extérieure ne ferait qu'aggraver la situation, d'autant qu'il n'y aura pas de décision du Conseil de sécurité, qui est la seule instance à même d'autoriser une intervention militaire », a-t-il déclaré à la presse. Par ailleurs, M. Juppé a affirmé que son pays soutenait la décision de la Ligue arabe « de réunir (...) un groupe des amis de la Syrie (...) pour mettre la pression sur ceux qui bloquent au Conseil de sécurité et pour mettre la pression sur le régime qui décidément doit partir après les massacres qui se succèdent à Homs et dans d'autres villes de Syrie. » Radio-Canada.ca avecAgence France Presse
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